Le retour en enfance d’Isolde Lagacé

Isolde Lagacé a programmé des oeuvres qui ont marqué sa vie.
Photo: Pierre-Étienne Bergeron Isolde Lagacé a programmé des oeuvres qui ont marqué sa vie.

La programmation de la salle Bourgie est marquée par deux hommages à sa directrice générale et artistique qui quittera ses fonctions cette saison : un concert surprise le 21 janvier et un « concert carte blanche » ce dimanche 18 septembre à 14 h 30.

Dans ce cadre de cette prestation de l’Ensemble Caprice, Isolde Lagacé a programmé des oeuvres qui ont marqué sa vie. « Quand c’est un concert en hommage, on est dans la salle, on ne parle pas et on reçoit des fleurs. Là, ce sera l’opposé : c’est un concert où Matthias Maute n’a pas arrêté de me dire : “C’est toi la vedette, tu parles de toi, de la musique, de ton enfance, de tes souvenirs ; tu choisis les oeuvres, on va les jouer pour toi.” »

Isolde Lagacé, qui sera omniprésente sur scène dimanche, fait bien la distinction entre les deux projets qui souligneront son départ de la salle Bourgie, qu’elle gère depuis 2008, bien avant son ouverture en septembre 2011. « Le 21 janvier, je ne sais pas à quoi m’attendre. Je ne sais pas qui jouera quoi. Il y aura de la musique baroque, du solo, de la musique de chambre, de la musique d’aujourd’hui et des musiciens qui vont venir parler. On m’a même demandé de rester loin de la salle dans la semaine qui précède ! »

Premiers souvenirs

 

Bach et des oeuvres d’orgue étaient des incontournables du menu de dimanche, mais la présence du Concerto pour deux trompettes en do majeur, RV 537 de Vivaldi étonne. « Pour raconter ma vie en musique, il faudrait 12 séries sur trois ans », s’amuse Isolde Lagacé, « alors je me suis concentrée sur ma petite enfance, jusqu’à l’âge de 10 ans ».

« La trompette vient d’une anecdote. J’avais 5 ou 6 ans quand mes parents ont acheté une télévision. Mes parents ne se levaient pas tôt et, le samedi matin, la télévision est donc devenue notre meilleure amie. Il y avait une émission qui s’appelait quelque chose comme Cité universitaire, un cours sévère donné par un professeur en complet cravate avec un bâton devant un tableau noir. Mais le thème de l’émission était ce concerto et je n’avais jamais rien entendu d’aussi beau. J’écoutais donc toute l’émission parce qu’à la fin ils rejouaient le morceau ! » Avec le recul, Isolde Lagacé trouve aussi que le côté « exubérant et joyeux » de la trompette correspondait à sa personnalité.

Fille de Bernard et Mireille Lagacé, la petite Isolde écoutait évidemment beaucoup de musique à la maison. Par ailleurs, son grand-père demandait souvent à son fils Bernard de jouer du Mozart. « Nous écoutions mon père jouer une sonate de Haydn ou de Mozart. Par ailleurs, je voulais, lors de ce concert, présenter notre collection d’instruments. » Le choix s’est donc porté sur le 23e Concerto de Mozart, joué au pianoforte par Ilya Poletaev.

La présence d’un Concerto grosso d’Avison, qui n’était pas connu à l’époque, s’explique parce qu’il rappelle les Sonates de Scarlatti qui servent de matériau thématique : « Ma mère m’a eue quand elle avait 22 ans et a eu mon frère à 23. Elle préparait des concours internationaux et travaillait beaucoup les sonates de Scarlatti. Bach à l’orgue représente mon père ; Scarlatti au clavecin, c’est ma mère. »

Le répertoire sera forcément aussi celui que Caprice, dirigé par Matthias Maute, peut jouer. Pour représenter a minima Isolde Lagacé en musique, elle avoue qu’il faudrait ajouter Le sacre du Printemps de Stravinski et le Quatuor avec piano de Schumann.

Isolde Lagacé, une vie en musique

Oeuvres de Bach, Vivaldi, Avison, Händel, Mozart. Ensemble Caprice, Matthias Maute, Avec Magali Simard-Galdès, soprano, Mélisande McNabney, orgue, et Ilya Poletaev, pianoforte. Salle Bourgie 18 septembre, 14 h 30.

À voir en vidéo