Jean-Sébastien Bach gâté comme jamais

Le Festival Bach promet de belles surprises, dont le pianiste András Schiff qui jouera les Variations Goldberg à la Maison symphonique, le 5 octobre.
Nadia F. Romanini ECM Records Le Festival Bach promet de belles surprises, dont le pianiste András Schiff qui jouera les Variations Goldberg à la Maison symphonique, le 5 octobre.

Rafael Payare ouvrira la saison de l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM) le 15 septembre avec la 2e Symphonie de Mahler, après avoir enregistré la Cinquième du même compositeur. La semaine suivante, il dirigera le Songe d’une nuit d’été de Mendelssohn. Plus tard dans la saison, un autre des compositeurs favoris du directeur musical, Chostakovitch, sera au programme avec sa 10e Symphonie.

Les chefs invités de l’OSM cet automne sont Osmo Vänskä pour la Cinquième de Beethoven, Laurence Équilbey dans la 1re Symphonie de Louise Farrenc, Barbara Hannigan dans la Symphonie fantastique, Leonardo García Alarcón pour l’Oratorio de Noël et, surtout, le retour de Kent Nagano, qui dirigera la 3e Symphonie de Schubert et la symphonie « Jupiter » de Mozart.

L’orchestre sera absent de Montréal dans la seconde moitié d’octobre en raison de sa tournée en Europe. Durant cette période, l’Orchestre Métropolitain (OM) proposera le concert de gala des prix Azrieli et le concert Envolées latines, dirigé par Lina Gonzalez-Granados. La saison de l’OM s’ouvrira le dimanche 25 septembre avec le projet Daphnis et Chloé et la création d’Élisapie Isaac. Concert le plus attendu : la Messe en si de Bach dirigée par Yannick Nézet-Séguin le 18 décembre.

Bach à la fête

Une Messe en si par Yannick Nézet-Séguin et le Métropolitain, troiscantates de l’Oratorio de Noël par le grand Leonardo García Alarcón à l’OSM trois jours plus tard, cela ferait déjà un menu de choix pour les admirateurs de Jean-Sébastien Bach. Mais ce qui les attend cet automne dépasse l’entendement. Côté choeur et orchestre, il faut ajouter Bernard Labadie, la Chapelle de Québec et Les Violons du Roy pour une soirée de cantates le 9 décembre et le retour de Masaaki Suzuki avec le Magnificat pour le Festival Bach le 25 novembre.

Le Festival Bach met nombre de cerises sur le gâteau de Jean-Sébastien : András Schiff jouera les Variations Goldberg le 5 octobre à la Maison symphonique, Filippo Gorini se présentera dans L’art de la fugue le 22 novembre, Christian Tetzlaff jouera les sonates et partitas le 2 décembre, sans compter la venue de Thomas Dunford, des London Händel Players et de l’Ensemble Masques. À ce niveau-là, ce n’est plus Montréal : c’est Londres, Paris ou Berlin! À part Lanaudière, aucun autre festival ne nous fait accéder à pareilles affiches. On espère que tout le monde s’en rend compte…

Grands solistes

 

La saison est donc lancée cette fin de semaine à l’opéra et par le Ladies’ Morning Musical Club, qui accueille Christian Blackshaw dimanche. Ses autres invités de l’automne sont le Trio de Los Angeles, le Quatuor Talich, Rachel Barton Pine et le Quatuor Calidore. Les invités vedettes de la salle Bourgie sont, entre le 27 septembre et le 13 décembre, Anne Queffélec, Hopkinson Smith, le Quatuor DebussyAnne Sofie von Otter avec Kristian Bezuidenhout, l’Orlando Consort et The Tallis Scholars.

On ajoutera au menu de la salle Bourgie de nombreux concerts de musiciens d’ici et la nouvelle tentative de parachever l’intégrale des sonates pour piano de Beethoven par Louis Lortie. Cinq concerts seront donnés entre le 13 et le 20 octobre, mais ils ne reprendront pas les sonates déjà données devant public avant la pandémie. Le concert officiel d’ouverture de la saison à Bourgie, le 18 septembre, sera un « événement spécial » en collaboration avec Caprice intitulé Isolde Lagacé, une vie en musique. Il rendra hommage à la directrice générale de la salle, qui quittera son poste à la fin de l’année.

Plusieurs institutions vivent des mouvements à leur tête. L’Orchestre classique de Montréal, qui a perdu son fondateur et mentor Boris Brott, a nommé deux chefs invités principaux : Alain Trudel et Geneviève Leclair. Cette dernière dirigera Boris, ma vie en musique le 18 octobre. L’Orchestre symphonique de Laval se cherche un nouveau chef après le départ d’Alain Trudel, justement. Pour éviter ce qui s’est vu ailleurs, les musiciens seront associés à la décision. Le choix des chefs testés — Nicolas Ellis, Jean-Michel Malouf, Julien Proulx, Mélanie Léonard — dénote d’emblée un grand esprit de discernement.

Quant aux Musici, Jean-François Rivest tient toujours bien le fort. L’orchestre accueillera deux chefs invités pendant la saison : Tania Miller en novembre et Maxim Rysanov en mars. Tania Miller aura pour soliste Valérie Millot dans le Concerto pour harpe de Boieldieu. Jean-François Rivest ouvrira la saison le 29 septembre avec Karina Gauvin et dirigera un concert dédié aux Premières Nations le 20 octobre.

Voix

 

L’un des moteurs de la relève, FrancisChoinière, dirigera le Requiem de Verdi à la Maison symphonique le 13 novembre, avec Aline Kutan, Rose Naggar-Tremblay, Adam Luther et Vartan Gabrielian. C’est aussi Verdi qui ouvre la saison de l’Opéra de Montréal le 10 septembre, avec Le trouvère, un spectacle repris les 13, 15 et 18 septembre. Finalement, l’automne verra aussi la création, le 19 novembre, de La beauté du monde de Julien Bilodeau et Michel Marc Bouchard.

Pour les amateurs d’opérette, l’Opéra bouffe du Québec proposera La belle de Cadix de Francis Lopez à Laval entre le 22 et le 30 octobre, alors que les amateurs d’opéra contemporain se tourneront vers Backstage at Carnegie Hall, un opéra sur le racisme et la guitare électrique de Tim Brady, réalisé par Bradyworks, en codiffusion avec Chants libres et Le Vivier, en création les 22 et 23 septembre au Centaur.

Sur la scène baroque, Arion propose Royales harmonies, programme anglais dirigé par Andrew McAnerney, le 7 octobre, puis Rigel, le souffle de la Révolution, le 4 novembre, une soirée entièrement consacrée par Mathieu Lussier à Henri-Joseph Rigel.

Les Violons du Roy exportent leurs projets de Québec, à l’exception du Mozart avec Charles Richard-Hamelin, soit le grand concert Händel avec Marie-Nicole Lemieux et Philippe Jaroussky, le 24 septembre, le concert avec Maurice Steger, le Stabat Mater de Pergolese par Jonathan Cohen, les Variations Goldberg orchestrées et les cantates de Bach. Clavecin en concert se distingue en accueillant Hervé Niquet pour un concert Charpentier le 30 septembre, avant de s’adonner à Bach en novembre. Caprice a programmé Didon et Énée le 8 novembre pour ses 30 ans, alors que Les Idées heureuses nous emmèneront dans une « forêt enchantée » le 29 octobre. La vedette baroque en visite cet automne est Jordi Savall, avec un consort de violes à la Maison symphonique le 7 novembre.

Enfin, sur la scène contemporaine, plusieurs dévoilements restent à venir. Le concert d’ouverture du NEM le 25 octobre à la salle Bourgie proposera la création de Facing the Music de Simon Bertrand, sur des poèmes de Paul Auster. La saison d’automne 2022 du Vivier, la première du nouveau directeur artistique, Jeffrey Stonehouse, comptera 16 concerts mettant en avant 47 oeuvres, dont 27 créations. L’Orchestre de l’Agora et Nicolas Ellis présenteront les 30 septembre et 1er octobre des oeuvres de la relève québécoise : Laurence Jobidon, Symon Henry, Francis Battah et Alexandre David.

Cinq rendez-vous

15 septembre Rafael Payare dirige la 2e Symphonie de Mahler.

24 septembre Marie-NicoleLemieux et Philippe Jaroussky seront avec Les Violons du Roy.

5 octobre András Schiff joue les Variations Goldberg.

2 décembre Christian Tetzlaff joue les sonates et partitas de Bach.

18 décembre Yannick Nézet-Séguin dirige la Messe en si de Bach.



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