«Long Weekend», Laurie LeBlanc

Qu’un chanteur acadien chante en anglais, libre à lui. Le phrasé passe comme une lettre à la poste, les Floatin’, Have Some Fun et assimilées pourraient sortir tout droit de Nashville. Rien de distinct, rien à redire. Seulement voilà, Laurie LeBlanc a divisé en parts égales son album dans les deux langues officielles du pays : on tique. C’est qu’en français, Laurie redevient… Acadien. L’accent, les mots, la syntaxe brandissent une identité. Distincte. Point de comparaison : la chanson titre, proposée en deux versions. L’américaine, format « new country », est efficace et gagnante. Mais l’acadienne est mille fois plus sympa, bon enfant, authentique. Alors quoi ? C’est le hic du multiculturalisme canadien : ça n’existe pas. De sorte que ce drôle de disque écartelé tombe dans la crevasse au milieu. Symbole : la chouette À la Beach Boys, avec Les Hay Babies dans le choeur, est en même temps la plus californienne dans le ton et la plus acadienne dans le verbe. Paradoxe existentiel… et plaisir garanti. Quid ?

 

Long Weekend

★★ 1/2
​Country

Laurie LeBlanc

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