Banx & Ranx, les étoiles de l’ombre

Le groupe Banx & Ranx prépare pour ÎleSoniq un «DJ set» adapté pour le public de l’événement, plus axé sur l’électronique, la musique de festivals, expliquent les artistes.
Photo: Adil Boukind Le Devoir Le groupe Banx & Ranx prépare pour ÎleSoniq un «DJ set» adapté pour le public de l’événement, plus axé sur l’électronique, la musique de festivals, expliquent les artistes.

Pour une deuxième fois dans sa carrière, le duo Banx & Ranx sera en vedette au festival ÎleSoniq, lui qui a plutôt choisi de faire son lit à l’ombre des studios et des vedettes de la pop à qui il destine ses chansons et des rythmiques. La Zarra, Dua Lipa (Kiss and Make Up, duo avec le groupe K-pop Blackpink), Alessia Cara, Shenseea et Sean Paul, pour ne nommer qu’eux, tous ont connu des succès grâce au talent des Montréalais.

Sur Scorcha, le plus récent album de Sean Paul — lui aussi en concert à ÎleSoniq samedi —, paru il y a quelques mois, se trouve la chanson How We Do It, l’une des six sur lesquelles le duo montréalais appose sa signature. En intro, le Jamaïcain annonce « Yeah Banx and Ranx ! » comme il a l’habitude de le faire sur chaque chanson qu’il enregistre avec ses collaborateurs Zacharie « Soké » Raymond et Yannick « KNY Factory » Rastogi.

« Ce qui est cool, c’est qu’au tout début de notre projet, notre agent nous avait demandé avec quel artiste on aimerait travailler, raconte Zacharie Raymond. Notre premier choix était Sean Paul, un choix nostalgique, le son de notre adolescence. Et même aujourd’hui, il est plus actif que jamais, c’est inspirant de le voir travailler. »

Yannick Rastogi souligne non seulement sa présence sur les ondes radio commerciales dans plusieurs pays d’Europe et d’Amérique du Sud aujourd’hui, « mais il se garde actif, s’il n’est pas en studio, il est en tournée, et il aime travailler avec les plus jeunes, après trente ans de carrière ».

Ces jours-ci, Banx & Ranx fait plutôt parler de lui grâce au succès que remporte la chanson Flowers Need Rain, chanson pop, presque house, chantée par le Torontois Preston Pablo. « Notre modèle, confie Rastogi, et depuis très longtemps, c’est Max Martin », un influent compositeur et réalisateur suédois, collaborateur des plus grandes vedettes, d’Adele à The Weeknd, en passant par Taylor Swift, Lizzo, Ariana Grande et P!nk.

On a fait beaucoup de pop dans les dernières années, alors on a envie de se réorienter. Faire des projets parallèles sans trop réfléchir, instinctifs.

 

« On a beaucoup analysé sa manière de travailler la musique », et ça donne des résultats : au sommet des palmarès au Canada anglais, Flowers Need Rain commence à peine à percer sur les radios états-uniennes, et Dieu sait où ça mènera le duo, qui, depuis une dizaine d’années, accumule les collaborations prestigieuses sans renier ses origines reggae, rap et dancehall.

Depuis la première participation du groupe au festival, il y a quatre ans, sa saveur pop électronique dansante aux influences caribéennes n’a cessé de gagner des adeptes.

« Ces jours-ci, on sort des simples axés plus radio et pop, mais là — et ça plaira aux amateurs de reggae et de dancehall —, on lance début septembre un morceau avec les voix de Demarco et de Konshens », deux vétérans de la scène dancehall jamaïcaine, dévoile Rastogi. « On a fait beaucoup de pop dans les dernières années, alors on a envie de se réorienter. Faire des projets parallèles sans trop réfléchir, instinctifs », une liberté de création rendue possible par la récente signature avec le bureau montréalais de la multinationale Universal. « On est arrivés à un point déterminant dans notre carrière », précise son collègue Soké, en ajoutant caresser le projet de lancer un premier véritable album début 2023.

À ÎleSoniq, « on prépare un DJ set adapté pour le public de l’événement, plus axé sur l’électronique, la musique de festivals », farci de remix, de montages uniques, avec un coup de main de collaborateurs, dit Soké. Preston Pablo y sera, Karma Atchykah officiera comme maître de cérémonie, deux danseuses ajouteront du cachet. « On veut amener les gens en voyage », conclut Yannick Rastogi.

À l’affiche du festival

Black Tiger Sex Machine

Ce trio montréalais (Marc Chagnon, Julien Maranda et Patrick Barry) fait des ravages à chaque festival auquel on l’invite. Héros du dubstep à l’américaine — massif, bruyant, dévergondé —, il lançait plus tôt cette année un 13e album, intitulé Once Upon a Time in Cyberworld.

Vendredi 5 août, 20 h 30, scène Mirage

Shenseea

La carrière internationale de la jeune DJ et chanteuse jamaïcaine
Shenseea connaît une ascension fulgurante depuis la parution de son premier album, Alpha, en mars dernier. La sulfureuse musicienne a collaboré avec Kanye West, Meghan Thee Stallion et 21 Savage.

Samedi 6 août, 17 h 50, scène Mirage

TDJ

Geneviève Ryan-Martel s’est lancée dans son projet eurodance-trance TDJ avec pour unique objectif de s’éclater comme elle ne se l’était jamais permis auparavant, et c’est en soi la meilleure raison d’assister à la performance qu’elle donnera dimanche à ÎleSoniq.

Dimanche 7 août, 14 h 35, scène Neon

Infected Mushroom

Comme un flash-back d’acide, le duo israélien Infected Mushroom revient avec la même formule de trance psychédélique qui avait fait son succès sur la scène rave il y a un quart de siècle, anniversaire qu’il soulignera plus tard cette année avec un album intitulé IM25.

Dimanche 7 août, 20 h 05, scène Neon



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