Evenko lance son LASSO

Qui peut nommer des chansons à succès des Tenille Townes, Luke Bryan, Ashley McBryde, Dierks Bentley et Matt Lang? Mieux, entonner les refrains?
Photo: Geoff Robins La Presse canadienne /  Amy Harris Associated Press / Mark Humphrey Associated Press / Amy Harris Associated Press /  Olitakesshots Qui peut nommer des chansons à succès des Tenille Townes, Luke Bryan, Ashley McBryde, Dierks Bentley et Matt Lang? Mieux, entonner les refrains?

Coup d’envoi, coup d’essai, coup dans l’eau ? Les paris sont ouverts. Sait-on manier un lasso ailleurs qu’à Saint-Tite et dans les festivals westerns d’un peu partout au Québec ? Plus précisément, est-ce que la musique country telle qu’on en produit ces dernières années à Nashville correspond au goût de chez nous ? New country, anyone ?

« L’idée, clairement, c’est de sortir du traditionnel festival country western tel qu’on le connaît et qui est très bien implanté à travers la province », convient Ariane Ouellet des Mountain Daisies, son duo avec Carl Prévost, dont le nouvel album à paraître le 9 septembre s’inscrit très volontairement dans la foulée « new country ». Le tandem, que Le Devoir suit depuis le temps où sa mission consistait à soutenir l’ingérable (et génial) Stephen Faulkner autant que faire se peut, a entamé le virage vers Nashville-la-neuve juste avant la pandémie, et son projet aboutit presque en même temps que ce premier coup de LASSO. Les Mountain Daisies sont au programme. « C’est une coïncidence qui n’en est pas tout à fait une », explique-t-elle au bout du fil. « Le festival devait démarrer l’an dernier, la pandémie a tout repoussé. En fait, c’est LASSO qui nous rejoint ! » Petit rire. « Disons que ça adonne bien… »

Photo: Amy Harris/Invision/AP Luke Bryan

Pas la même chose

 

« Il ne s’agit pas de dénigrer les festivals westerns d’ici, nuance-t-elle. C’est immense au Québec, LA véritable industrie underground, par manque de visibilité dans les médias et les grandes villes. » Le regard montréalais sur le phénomène pourrait s’apparenter à notre façon de décrire les campings : un brin péjoratif, un chouia méprisant, tout au plus loisir sympa et bon enfant. « Pour les artistes, c’est un bonheur,ces festivals, tout un parcours, une grande tradition ! Mais c’est autre chose que propose LASSO. »

Je pense vraiment qu’ils veulent signifier aux gens que ce sont des spectacles majeurs, avec de vraies têtes d’affiche, dont quelques artistes d’ici, un peu dans la même proportion qu’à Osheaga. Pour nous, c’est toute une occasion !

 

Depuis des décennies, les grandes tournées country américaines passaient outre au Québec : sinon un Garth Brooks, une Shania Twain ou une Taylor Swift, on considérait que ça ne valait pas le détour. Présenter LASSO sur le terrain d’Osheaga (rhabillé country pour l’occasion), avec deux petites semaines d’intervalle, est un geste pas du tout anodin, ni seulement une stratégie pratico-pratique. Ariane Ouellet l’affirme : on joue gros parce qu’on pense chez Evenko que ça va être gros. « Je pense vraiment qu’ils veulent signifier aux gens que ce sont des shows majeurs, avec de vraies têtes d’affiche, dont quelques artistes d’ici, un peu dans la même proportion qu’à Osheaga. Pour nous, c’est toute une occasion ! »

Photo: Mark Humphrey Associated Press Ashley McBryde

Savoir convaincre

 

Qui peut nommer des chansons à succès des Dierks Bentley, Ashley McBryde, Tenille Townes, Luke Bryan et Matt Lang ? Mieux, entonner les refrains ? Au Festival d’été de Québec, le mois dernier, la soirée Luke Combs–Matt Lang sur les Plaines a été un retentissant succès. « Il ne faudrait pas minimiser leur attrait potentiel, souligne Ariane. Ils sont habitués aux gros spectacles, et ils ont leurs fans. Et surtout, ils savent comment convaincre. Attendez de les voir en action, ça brasse ! »

Il y aura également Léa Jarry dans la programmation, ainsi que Sara Dufour. Certes, à la scène Ranch plus modeste, et seulement une petite demi-heure, mais bon. Les programmateurs, là-dessus, en ont à apprendre. Sara Dufour, comme le groupe Salebarbes, triomphe partout cet été, et elle aurait parfaitement pu remplir le parc Jean-Drapeau toute seule.

Photo: Olitakesshots Matt Lang

L’ouragan Sara

« Est-ce que je corresponds vraiment aux critères de ce qu’on appelle du new country ? » se demande sans faire semblant l’irréductible et fougueuse Sara Dufour. « Je ne sais pas. Je ne suis pas dans la même zone que Matt Lang. Est-ce que le fait d’être une francophone, une femme, compte dans leurs calculs ? Je préfère penser que c’est parce que ma gang et moi, on donne un spectacle vraiment énergique, et que les gens répondent. On est prêts pas à peu près. »

« C’est une année de rêve, ce que je vis, continue-t-elle, verbomotrice et enthousiaste. « La première partie des Cowboys Fringants, la France, des spectacles tout le temps. C’est fou, quand on pense que l’album est sorti il y a trois ans et demi : j’ai encore 49 spectacles sur le feu dans les trois mois qui viennent. Et on a refusé plein d’affaires : tu peux pas jouer à deux places, ou trois, ou quatre, en même temps ! Alors moi, j’en prends le plus que je peux, et je suis absolument flattée d’avoir été choisie parmi de grands noms du country de Nashville. » Elle pouffe, comme si elle en beurrait un peu épais, tout en étant indubitablement ravie et s’assumant complètement. « La demi-heure qu’on a, on va en profiter à fond. »

LASSO Montréal

Au parc Jean-Drapeau, les 12 et 13 août ; Jade Eagleson se produira au MTelus le 11 août. lassomontreal.com

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