Un concours musical de haute tenue

Meredith Wohgemuth
Photo: CMIM Meredith Wohgemuth

Les phases finales du volet « Mélodie » du Concours musical international de Montréal se sont tenues vendredi et dimanche, une compétition opposant, in fine, une soprano anglaise, ainsi qu’une soprano et un baryton américains.

Ce n’est que jeudi soir, à l’issue de la finale du volet opératique « Aria », que l’on saura qui de l’Anglaise Harriet Burns, ou des Étasuniens Meredith Wohlgemuth et Bryan Murray a remporté le volet « Mélodie » de « Voix 2022 », le Concours musical international de Montréal (CMIM) consacré cette année au chant. Le très haut niveau de cette compétition montre l’intérêt du virage effectué en 2018 par le CMIM.

Six « finalistes »

L’adjonction d’un volet consacré à la mélodie répondait au rêve du mécène et amateur torontois James Norcop, qui, dans les années 2000, cherchait en vain à organiser une compétition du genre à Toronto. Le seul désidérata de ce fanatique de mélodie, était que la mélodie ne soit pas le parent pauvre de l’opéra. Les prix devaient donc être les mêmes.

Photo: CMIM Bryan Murray

Montréal attire ainsi d’excellents chanteurs internationaux, d’autant que le CMIM leur permet de concourir avec leur propre pianiste, un prix de 5 000 $ étant offert au meilleur.

En cette année 2022, la qualité est telle que la soirée de vendredi, une « demi-finale » avec six candidats, était quasiment une finale à part entière. Bien malin qui aurait pu pronostiquer avant le verdict du jury la qualification de Burns, Murray et Wohlgemuth, tant les prestations du baryton anglais Michael Lafferty, de l’impressionnant baryton suédois Arvid Fagerfjäll et de la mezzo canadienne Deepa Johnny, originaire du Sultanat d’Oman, étaient dignes d’intérêt.

Photo: CMIM Harriet Burns

Sans doute Bryan Murray a-t-il su se plier à la subtilité du genre avec plus d’humble souplesse que ses collègues. Il a, par exemple, chanté dimanche en finale les Romances op. 4 de Rachmaninov que l’on a plutôt l’habitude d’entendre par une voix féminine. À ce dernier stade notre légère préférence va à l’émotion distillée, notamment dans Meine Rose de Schumann et Wie Melodien de Brahms, par Meredith Wohgemuth dont le programme de la finale était très éclectique.

Une moitié de Canadiens

 

Désormais place au volet « Aria ». Nouveauté de l’édition 2022 : la configuration de la phase finale a été modifiée. Au lieu de deux soirées de finale, dix demi-finalistes, lundi et mardi, présenteront un programme de 14 à 18 minutes qui devra inclure trois airs dans au moins deux langues différentes. Les cinq meilleurs chanteurs et chanteuses passeront en finale, jeudi.

Deux candidats de l’épreuve « Mélodie » sont qualifiés dans ce concours d’opéra : le baryton Bryan Murray et la mezzo Deepa Johnny que l’on entendra mardi. Cinq des dix demi-finalistes sont Canadiens : les sopranos Sarah Dufresne, Lauren Margison, les mezzos Deepa Johnny, Simone McIntosh et le baryton Hugo Laporte. Le jury s’est donc privée de chanteuses telles que Rose Naggar-Tremblay, Anna-Sophie Neher ou la jeune Sophie Naubert.

Les cinq autres candidats sont une basse ukrainienne, Vladyslav Buialskyi ; le ténor coréen Jihoon Son, l’Américain Bryan Murray, et, d’Allemagne, la mezzo Valerie Eickhoff et le contreténor Nils Wanderer. L’Orchestre symphonique de Montréal sera dirigé par Jacques Lacombe lors des demi-finales et de la finale à la Maison symphonique.
 



Une version précédente de ce texte, qui indiquait que les six meilleurs chanteurs et chanteuses du volet « Aria » passeront en finale jeudi, a été modifiée.

 

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