«Big Time», Angel Olsen

Ça prend au cœur, de la première à la dernière douloureuse et libératrice note : les bouleversements dans la vie d’Angel Olsen s’entendent, résonnent. Elle avait déjà ce ton traînant, quelque part entre drame et dédain — Martha Wainwright chez Hope Sandoval de Mazzy Star, disons —, mais tout ici est exacerbé. Sa pandémie a été plus que mouvementée, un enchaînement personnel de causes et d’effets : elle a perdu ses deux parents, coup sur coup, peu après leur avoir présenté sa compagne et s’être déclarée queer. Mesurez. Entre le deuil et la suite, elle chante en même temps son brutal désarroi et la douceur d’un grand calme enfin trouvé : valse country (All the Good Times, à grand renfort de pedal steel), ballade tragique évoquant les Shangri-Las en plus noir (Right Now). C’est l’album du chemin qui va de la culpabilité à l’acceptation. « I can’t say that I’m sorry when I don’t feel so wrong anymore », constate-t-elle. Ça n’empêche pas la peine dans All the Flowers, la plus poignante et la plus belle chanson du disque. Au contraire : c’est par là que ça passe.
 

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Big Time

★★★★ 1/2
Chanson

Angel Olsen, Jagjaguwar

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