Spectacle de Marco Calliari lundi au Spectrum - Che bella musica!

Entre le heavy métal et la musique traditionnelle italienne, il y a un fossé que plusieurs ne franchiraient pas. Pour Marco Calliari, ce sont deux côtés d'un même mini-wheat. En mai, le monsieur sortait Che la vita, un album de son cru, fait de guitares classiques et de textes chantés en italien. Le reste du temps, et depuis 15 ans, il gueule à pleins poumons pour la formation métal Anonymus. C'est ça, la vie, et le Spectrum de Montréal en sera témoin lundi.

Calliari raconte que ce disque, il se l'était promis pour ses 27 ans. Il aura attendu trois ans de plus pour mûrir ce côté méconnu de sa personnalité, réservé auparavant à «la famiglia». Pour lui, ce plongeon dans les racines n'avait rien de surprenant. «J'ai toujours baigné dans un milieu multiculturel. Anonymus, c'est des gars chiliens, espagnols et italiens. Mes parents ont émigré d'Italie et se sont adaptés au Québec. Petit, on écoutait de l'opéra, des chansons napolitaines. Cette musique entrait dans ma tête et n'est jamais ressortie. Au cégep, étudiant la musique, je me suis aperçu que j'en connaissais pas mal.»

Ces deux versants n'ont jamais quitté Calliari. Che la vita, la pièce-titre de ce superbe disque, a été écrite il y a huit ans. «J'ai pris un goût pour les musiques du monde, d'un coup. J'ai commencé à en faire avec ma trompettiste il y a trois ans, puis les gens se sont mis à m'apporter toutes sortes de musiques.» Calliari s'est ouvert aux Renato Carosone et autres Giorgo et Paolo Conte ou encore Vinicio Capossela.

Calliari marche sur les pas de ces chanteurs, mais ne renonce pas à son attitude typique d'Anonymus. «En spectacle, je varge autant qu'avec Anonymus, si je peux me permettre l'expression. C'est juste qu'il n'y a pas de distorsion. On peut voir l'influence métal, mais c'est plus doux à l'oreille», dit-il à la rigolade. Vrai que même sur le disque, le ton vif est loin de l'esprit des westerns spaghetti. Même que ses fans métalleux, plutôt que de le considérer comme un lâcheux l'ont félicité, dit-il, après avoir été sceptiques. «Certains ont même acheté l'album pour leurs mères, et disent qu'elles ont beaucoup aimé.» Et sa maman, qui assiste aux concerts d'Anonymus — «les familles d'Anonymus ont leur section réservée» —, apprécie d'autant plus!

Un tour de la chanson italienne et française, le concert débute à 19h, lundi au Spectrum, une salle qui a souvent accueilli Anonymus. Le programme sera rempli de classiques italiens et d'une foule d'invités. Hugo Fleury, de Polémil Bazar, y sera, le groupe Manouche aussi, de même que Fred Péloquin en solo (un des deux accordéonistes de Calliari), le groupe La loi des cactus, du reggae franco et bien d'autres, dont bien sûr les potes d'Anonymus.