Rau Ze remporte la 26e édition des Francouvertes

Le groupe Rau Ze, avec à l'avant-scène sa chanteuse Rose Perron, lors de la finale
Photo: Frédérique Ménard-Aubin Le groupe Rau Ze, avec à l'avant-scène sa chanteuse Rose Perron, lors de la finale

La chanson R&B de Rau Ze a triomphé hier soir sur les grooves rock du groupe Hôte, arrivé deuxième, et la chanson pop-rock d’Émile Bourgault, lors de la grande finale de la 26e édition des Francouvertes qui s’est disputée dans un Club Soda affichant complet. Le projet mené par l’autrice-compositrice-interprète Rose Perron a ainsi terminé son parcours comme il l’avait amorcé lors de la ronde préliminaire : en conservant sa première position.

La performance que Rau Ze a offerte hier confirmait déjà ce qui se dessinait lors des précédentes rondes du concours-vitrine de la relève : Perron a le don de captiver une foule. À la fois désarmante de simplicité, et totalement investie dans son rôle d’interprète, dynamique, déchaînée, compensant par son énergie une voix pas toujours juste, ni aussi ample que le commande le style musical qu’elle et ses musiciens investissent.

La chimie du groupe sur scène semblait d’ailleurs différente hier soir, et pas seulement en raison de l’absence de la trompettiste qu’on avait l’habitude de retrouver aux côtés du saxophoniste – la petite section de cuivres de Rau Ze ajoutait beaucoup de poids à l’argument soul / R&B jazzé de son répertoire. En fait, c’est comme si la taille de la salle avait eu une influence sur la performance de l’orchestre : plus nuancé lors des rondes préliminaire et demi-finale, le groupe a judicieusement bifurqué vers un son plus rock, dirigé par une batterie plus rigide et musclée qui, en retour, fouettait Rose Perron. Ce fut la performance la plus rock, la plus chaotique aussi, qu’ait offerte Rau Ze, et ça lui a bien servi, incitant l’avant du parterre à danser.

Permettez cette observation en porte-à-faux avec le résultat déterminé par un jury de professionnels de l’industrie et des membres de l’auditoire, mais Hôte a offert hier non seulement la meilleure performance de son parcours, mais la meilleure performance de la soirée, tout court. Ravissante progression de l’auteur-compositeur-interprète Marc-André Dupaul et son groupe qui ont trouvé chaussure à leur pied sur la grande scène du Club Soda ; leur chanson rock à haute teneur de synthétiseurs était emballante, le batteur Alexandre Crépeau tricotant des rythmiques invitant à la transe. Ces musiciens ont offert la performance la plus mûre, aboutie, et entraînante.

Émile Bourgault n’a certainement pas à rougir de sa médaille de bronze : le jeune auteur-compositeur-interprète de 18 ans fut sans contredit la révélation de cette édition des Francouvertes. Dès sa première apparition au Lion d’Or lors de la ronde préliminaire, il a impressionné tout le monde par son aplomb, son aisance sur scène, sa facilité à communiquer avec le public. On le sent là où il doit être, une guitare au cou ou derrière son piano électrique, à partager quelque chose avec quelqu’un.

Mais son inexpérience lui a joué un tour, comme s’il n’avait pas saisi que le décor allait être bien différent dans la salle du boulevard Saint-Laurent. Ainsi, Bourgault a choisi de débuter son tour de chant avec la meilleure composition de son répertoire (Pauvre et malheureux), qu’on peut qualifier de ballade. Une trop douce entrée en matière nous laissant ensuite l’impression que ses chansons plus rock n’avaient pas la même force. Émile Bourgault a d’ailleurs passé beaucoup plus de temps au piano qu’à la guitare, or, si son dosage de chansons pop-rock (généralement trop lisses) et de chansons douces passait bien dans l’intimité du petit Lion d’Or, il semblait se perdre dans l’écho au balcon du Club Soda.

À voir en vidéo