«Tambour vision», Bertrand Belin

On dira du sixième album en carrière de Bertrand Belin qu’il complète sa mue électro / new wave amorcée il y a trois ans avec l’excellent Persona, mais en vérité, l’esthétique musicale empruntée par le flegmatique Breton n’a jamais eu tant d’importance. Folk à l’époque du splendide Hypernuit (2010), plus rock sur les suivants Parcs (2013) et Cap Waller (2015), nous ne retenions en vérité que ses mots et la voix qui les porte. Cette plume trempée dans l’intuition, dans l’observation des gens et des situations, du petit geste et de la grande émotion « perdue dans tes cheveux, perdue sur ta main / perdu, amour grandiose, perdue petite chose », chante-t-il sur Lavé de tes doutes, sur une boîte à rythmes et des violons synthétiques, avec le plaintif souffle du saxophone en finale. Sur Tambour et Alleluia, entre autres, il se la joue même David Bowie, époque Scary Monsters. Belin, poétique dandy de la chanson française moderne, étend son registre sans perdre de sa désinvolture, délicieuse sur Que dalle tout et T’as vu sa figure.

  

Tambour vision

★★★ 1/2
Pop

Bertrand Belin, Cinq 7/Wagram

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