«To Coax a Waltz», Shaina Hayes

L’agricultrice chantante de Shigawake a fait pousser des chansons. Au cœur de la baie des Chaleurs, entre francophones, anglophones et Autochtones, toutes racines entremêlées, voire entrelacées, son country-folk est empreint de beauté tranquille, chanté en toute lenteur, sur un ton lancinant et mélancolique. Pensez Hope Sandoval sans le dédain dans la lamentation, Jill Barber sans le jazz. Parlons d’un premier album très abouti : il faut dire que ses airs, fort beaux en soi, sont habillés avec le plus grand soin par les jeunes pros de la scène parallèle montréalaise, qui jouent autant avec une Helena Deland qu’un Mon Doux Saigneur. Le timbre doux, la guitare grattée délicatement ne sont jamais perdus dans l’instrumentation : les musiques bénéficient tout au plus d’un saupoudrage savant, ici un fond d’orgue solennel (Mother Tongue), là un pinçage enjoué (Weather), voire une échappée folk-pop très sixties (King) : on est tout le temps bercés, caressés… envoûtés. Bienfaits en quantité.

 

To Coax a Waltz

★★★★
Americana

Shaina Hayes, shainahayes. bandcamp.com

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