Walter Rossi, influent guitariste rock, n’est plus

La carrière solo de Walter Rossi sera somme toute assez brève, mais fertile: il fait paraître quatre albums en huit ans.
Photo: Facebook La carrière solo de Walter Rossi sera somme toute assez brève, mais fertile: il fait paraître quatre albums en huit ans.

Pilier du rock québécois des années 1970, l’auteur-compositeur-interprète et flamboyant guitariste Walter Rossi est décédé le 29 avril dernier à l’âge de 74 ans, ont confirmé les proches du musicien par l’entremise des réseaux sociaux. L’un des grands guitar heroes locaux de son époque, il est devenu membre des orchestres de Buddy Miles et de Wilson Pickett avant de fonder deux groupes rock, tous d’un seul album, devenus cultes, Influence et Charlee, avant d’asseoir sa notoriété en collaborant aux enregistrements de Nanette Workman, de Michel Pagliaro et de… Patof.

Qu’est-ce qu’on a dû s’amuser en studio pour l’enregistrement de l’album Patof Rock ! Voyez l’orchestre qui accompagnait le personnage de Jacques Desrosiers : Angelo Finaldi (Les Sinners) à la basse, Pag (Michel Pagliaro) et Walter Rossi aux guitares. La belle bande de rockeurs qui ont révolutionné le son québécois des années 1960 aux années 1980, laissant dans leurs sillages des albums encore plus marquants que celui du bien-aimé clown.

Rencontres fructueuses

Né, comme son ami Finaldi, à Naples, en Italie, Walter Rossi a grandi avec sa famille à Montréal, apprenant la guitare en copiant les motifs de B.B. King et d’Albert King. Rossi a intégré quelques orchestres dès le début des années 1960, se produisant régulièrement à l’Esquire Show Bar, l’un des rares clubs de musique rhythm & blues de Montréal. C’est là qu’il fit la connaissance du batteur américain Buddy Miles, qui l’invita à joindre son orchestre et qui le présenta au grand Wilson Pickett (In the Midnight Hour, Funky Broadway). Rossi accompagna ce dernier en tournée pendant deux ans, à la fin des années 1960. On raconte aussi qu’il aurait alors jammé avec un autre héros de la guitare, Jimi Hendrix.

À son retour à Montréal, il tire le rock vers l’expérimentation avec l’album Influence du groupe éponyme (1968, avec Dave Wynne à la batterie, du mythique groupe garage The Haunted) et vers le hard rock avec l’explosif album du trio Charlee (1972), avant d’accompagner Michel Pagliaro sur scène, de 1973 à 1976. En 1975, il collabore à l’enregistrement du classique de Nanette Workman, l’album Lady Marmalade, qu’il coréalise avec Finaldi et la célèbre musicienne. Sa contribution est vitale au succès de l’album : ce furieux solo dans Lâche-moi, à la fin de la face A ? C’est lui, le génial Rossi.

La carrière solo de Walter Rossi sera somme toute assez brève, mais fertile : il fait paraître quatre albums en huit ans. Les DJ de CHOM-FM raffolent alors de ses succès comme de ceux de son collègue Frank Marino, leader de Mahogany Rush, lui aussi compositeur-guitariste montréalais aux racines italiennes. Les auditeurs d’antan se rappelleront entre autres des Woman, Sweet Woman (1977), de la théâtrale Soldiers in the Night (1978) et de l’épique solo de guitare de Ride the Wind (1978), ces deux dernières tirées de l’album Six Strings Nine Lives, avec sa fameuse Gibson Les Paul illustrant la pochette. Lors de la cérémonie de remise des prix Juno en 1980, il remporta le prix du Most Promising Mal Vocalist of the Year.

Durant les années suivantes, Walter Rossi s’est effacé, travaillant en studio comme accompagnateur et réalisateur, notamment auprès de sa conjointe de l’époque, l’actrice et musicienne Louise Portal. Il fera paraître un dernier album de compositions inédites, Secret Sins – The Intimate Session Series Vol. 1, en 2004.

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