«LP. 8», Kelly Lee Owens

Électronique

Les effets collatéraux de la pandémie s’entendent de la première à la dernière note de LP. 8, troisième album de la compositrice électronique anglaise Kelly Lee Owens. Sans tournée, les clubs fermés, elle a décampé à Oslo pour se consacrer à l’écriture de cet album qui débute avec sa voix répétant sans cesse Release, avec ce tambour creux qui sonne comme si elle tapait du poing sur une porte pour sortir de son confinement. La suite exprime d’abord la résignation : Kelly lâche prise et s’évade dans des atmosphères empesées par les percussions mécaniques, parfois empreintes d’espoir, comme dans les harmonies rassurantes d’Anadlu (« respirer », en gallois), se fondant dans les nuageuses et angéliques S.O (2) et Olga, cette dernière ponctuée par d’ondulantes notes de basse. Sa voix demeure un ingrédient essentiel de sa vision du techno, ici expurgée de ses penchants dream pop au profit de références ambient, étonnantes sur Nana Piano, sur laquelle on n’entend que la réverbération d’un motif de piano droit, accompagné de chants d’oiseaux. 

LP. 8

★★★ 1/2
Électronique

Kelly Lee Owens, Smalltown Supersound

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