William Christie et Les Arts florissants, des invités de choix au Festival de Lanaudière

Le chef des Arts florissants, William Christie
Photo: Oscar Ortega Le chef des Arts florissants, William Christie

Les Arts florissants et leur chef William Christie, 77 ans, seront des invités de choix du prochain Festival de Lanaudière, dont la programmation sera officiellement dévoilée jeudi, a appris Le Devoir.

Ce sont quatre concerts que William Christie et ses musiciens proposeront dans le cadre d’une célébration qui se déroulera sur six fins de semaine, du 30 juin au 7 août. La venue des Arts florissants s’intégrera dans celle du samedi 30 juillet.

Nous avons eu la possibilité de nous entretenir un peu plus tôt cette semaine avec le chef et claveciniste, dont les présences avec son ensemble sont extrêmement rares au Canada. « Nous avons donné il y a quelques années un concert à Montréal, et deux ou trois concerts à Toronto et dans les alentours », a-t-il confirmé.

Une seule histoire récente, donc, assez minimaliste et peu concluante, d’ailleurs, que Les Arts florissants millésime 2022 auront certainement hâte de faire oublier sous la direction de leur chef fondateur.

Effectifs bien tempérés

 

La grande œuvre au programme du 30 juillet à l’amphithéâtre Fernand-Lindsay sera l’ode pastorale de Händel L’Allegro, il Penseroso ed il Moderato (1740). La raison du choix est très simple : « J’essaie de faire un maximum de concerts avec des choses que j’aime », nous dit William Christie, qui n’a pas envie de développer davantage le sujet. Dans cette partition, deux poèmes allégoriques de John Milton, L’Allegro (personnage joyeux) et Il Penseroso (personnage méditatif) sont agencés en une sorte de « dialogue » par le librettiste de Händel, Charles Jennens, qui introduit, in fine, Il Moderato, un conciliateur.

Le festival proposera une « version remaniée par William Christie », mais l’arrangeur reste peu disert sur son adaptation : « C’est une version qui voyage plus facilement ». On comprendra, après deux relances, que c’est « un orchestre un tout petit peu moins fourni », l’œuvre ne faisant par contre aucunement l’objet de coupures.

La nécessité d’effectifs modestes explique aussi, pour le concert de grands motets de Marc-Antoine Charpentier du 1er août à la cathédrale de Joliette, le choix du Te Deum H. 147, qui n’est pas le fameux Te Deum de Charpentier, mais un petit frère plus intime. William Christie serait-il prêt, s’il était amené à revenir au Québec, à présenter des œuvres plus imposantes en dirigeant des Arts florissants renforcés par des musiciens d’ici ?

« Ce n’est pas dans nos habitudes », tranche le chef, qui ne voit dans ses interprétations de Charpentier depuis plusieurs décennies que peu de changements : « J’ai évolué dans un style qui reste constant et reste fidèle à mes goûts et mes idées interprétatives. Peut-être les choses sont plus faciles maintenant. »

Les concerts des 2 et 3 août présenteront William Christie au clavecin, associé au violoniste Théotime Langlois de Swarte, puis à la mezzo Lea Desandre et au luthiste Thomas Dunford. Le Devoir était très intéressé de savoir comment le choix du chef s’est porté sur ses artistes et quelles expériences musicales antérieures l’avaient marqué ; il se contentera de nous dire que « ce sont d’excellents musiciens » qui travaillent avec lui depuis nombre d’années.

Nous en appellerons donc à nos propres souvenirs pour évoquer chaleureusement le disque Vivaldi de l’ensemble Jupiter, qui, en 2020, chez Alpha, réunissait Desandre et Dunford. Quant à Théotime Langlois de Swarte, il suffisait de souligner qu’il est le frais émoulu violon solo des Arts florissants et le nouveau violoniste baroque vedette d’Harmonia Mundi.

Le reste de la programmation sera dévoilé dans la journée de jeudi. Mais comme l’OSM a annoncé des concerts les 30 juin et 1er juillet et part en tournée en Corée quelques jours plus tard avec « la 5e Symphonie de Mahler, le Concerto pour violon no 1 et le Concerto pour piano no 3 de Prokofiev, ainsi que des œuvres de Ravel, Bartók et Debussy », il y a fort à parier que d’enthousiastes musiciens défendront ce répertoire en ouverture du festival.

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