«(watch my moves)»: Kurt Vile

Kurt Vile pratique le rock comme l’art de la supercherie. À l’entendre, ça semble si facile ! Ses interprétations débonnaires, ses textes qu’on dirait toujours écrits sur une serviette de table, enfilades d’impressions du moment rythmées de la façon la plus banale possible. Il nous parle autant qu’il chante, le prince du slacker rock, qui se la coule encore plus douce sur ce neuvième album solo où la chanson pop se vautre dans les violons (Chazzy Don’t Mind) et de subtils synthés, le son du piano droit qui devait traîner dans un coin du studio, les sonorités cuivrées des guitares électriques et de la slide. C’est tout de même presque un album double qu’il nous sert là (15 chansons, 75 minutes), farci de mélodies insidieuses (Cool Water, l’addictive Jesus on a Wire, on en passe) qui nous restent en tête dès la première écoute. Sans affirmer qu’il s’agit d’un album de pandémie, c’est en tout cas un album qui invite à la réflexion, verbeux mais rêvasseur, atmosphérique et plein de tendresse.

(watch my moves)

★★★ 1/2
Rock

Kurt Vile, Verve

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