Beethoven : Diabelli Variations, Mitsuko Uchida

À la vue de l’affiche, on sait qu’il devrait se passer quelque chose. Mais on ne sait pas quoi. Au fond, ce n’est presque pas possible, tous les grands pianistes ont interprété cette partition et il y a eu d’immenses réussites (Pollini, Brendel, Cabasso, Staier, Kovacevich, Arrau, Backhaus, etc.). Or, cette incroyable artiste réussit une nouvelle fois à nous sidérer. Les choses sont claires ici : ce ne sont pas des variations, c’est un tout, de près d’une heure, sous des formes variées. L’interprétation est d’une logique absolue et son creusement débute dès la 2e variation, pour partir ensuite dans des univers étonnants (8e et 20e variations), s’échapper dans le mystère, d’une étrangeté parfois fantomatique, d’une subtilité qui défie les attentes. Cela ne vous rappelle rien ? Les derniers quatuors ! Les Variations Diabelli, c’est l’Opus 120 de Beethoven. Mitsuko Uchida, plus que tout autre, joue « l’Opus 120 », œuvre postérieure à la 32e Sonate et qui plonge dans le « dernier Beethoven ». Révélation ardue, essentielle, profondément géniale.

Beethoven : Diabelli Variations

★★★★★
classique

Mitsuko Uchida, Decca 485 2731

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