Domenico Scarlatti, Michael Korstick

Dès 2005, nous avons attiré votre attention sur le pianiste allemand Michael Korstick. Cet artiste, désormais âgé de 66 ans, qui évolue en marge du circuit international, enregistrait alors les sonates de Beethoven pour Oehms. Son allure de « bon et docte professeur » ne laisse pas imaginer envolées interprétatives ou ivresses esthétiques. Et c’est bien là le problème : celui de l’image et des idées préconçues. On aimerait tant voir l’emballement médiatique et les cris au génie si, précisément, ces deux disques étaient ornés de la photo d’Alice Sara Ott, d’Igor Levit, de Grigory Sokolov ou d’une autre icône des publicitaires, des médias et des réseaux sociaux. Avec Korstick, il n’en sera rien, ce qui n’occulte pas une réalité imparable : ces deux CD d’œuvres de Scarlatti sont formidables d’imaginaire sonore, de finesse de toucher et de science de la pédale, et ce, dès la Sonate K. 380, qui fait penser à Emil Guilels et Sari Biro. Poétique et ludique, Korstick utilise toutes les ressources du piano pour magnifier Scarlatti, à l’instar de Zacharias, Babayan ou de Sudbin.

Domenico Scarlatti

★★★★ 1/2
Classique

37 sonates pour clavier, Michael Korstick (piano), 2 CD, CPO 555 473-2

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