Phoque Off dans le métavers

L’édition 2022 de Phoque Off se déroulera... nulle part. Mais elle sera accessible de partout. Ou, pour être plus exact, elle le sera en visitant l’environnement immersif numérique de la société new-yorkaise Nowhere.
Photo: Phoque Off L’édition 2022 de Phoque Off se déroulera... nulle part. Mais elle sera accessible de partout. Ou, pour être plus exact, elle le sera en visitant l’environnement immersif numérique de la société new-yorkaise Nowhere.

Le festival musical Phoque Off de Québec n’a pas peur de repousser les limites et a décidé d’aller au-delà de la simple réalité pour son édition 2022. Celle-ci se déroulera… nulle part. Mais elle sera accessible de partout. Ou, pour être plus exact, elle le sera en visitant l’environnement immersif numérique de la société new-yorkaise Nowhere, qui a toutes les apparences de ce qu’on appelle, ces jours-ci, le métavers.

Le terme « métavers » a été rendu très populaire l’automne dernier par le milliardaire américain et fondateur de Facebook Mark Zuckerberg. Les organisateurs du festival Phoque Off l’utilisent aussi à profusion.

Les chances de croiser « Zuck » dans la foule virtuelle orbitant autour d’une des trois scènes numériques occupées par l’événement du 21 au 25 février prochain avoisinent le zéro absolu. Celles de tomber sur quelques centaines d’amateurs de musique alternative de tous les horizons sont excellentes, assure toutefois Yanick Capuano, cofondateur et directeur de la programmation de cet événement plutôt déjanté qui a vu le jour en 2015. « On a créé le Phoque Off pour les professionnels de la musique, mais le public s’est rapidement montré intéressé par nos spectacles et notre programmation », explique l’organisateur en entrevue au Devoir.

« Dans une salle normale, on aurait 200 places réservées aux gens du milieu et une centaine pour le public. Cette année, nous allons ouvrir le festival au public plus tôt, avec un événement ouvert à tous, dit-il. Ce seront 200 places qui seront offertes au public et 100 places pour les professionnels. »

On a créé le Phoque Off pour les professionnels de la musique, mais le public s’est rapidement montré intéressé par nos spectacles et notre programmation

 

Présenter des concerts dans des environnements numériques immersifs n’a rien, comme tel, de bien nouveau. Les férus de jeux vidéo qui connaissent bien l’immense jeu en ligne Fortnite le savent, eux qui peuvent assister à l’occasion à des concerts en direct de mégastars internationales.

Le Phoque Off recourt à une plateforme Web unique appelée Nowhere à laquelle on se branche sur son ordinateur personnel exclusivement. Pas de casque de réalité virtuelle ni de téléphone intelligent. L’avatar qu’on y crée affiche en direct le flux de la webcaméra pointée vers soi. On ne peut que couper le son de son propre micro, si on le désire, mais c’est tout.

Il y a une volonté des organisateurs d’assurer une certaine authenticité en évitant justement que des gens se pointent anonymement aux spectacles. « Pour le contact humain, Nowhere ressemble à un véritable congrès où on peut échanger rapidement ses coordonnées, comme si c’était une carte de visite. C’est un élément de contact humain qu’on jugeait important », ajoute Yanick Capuano.

Audace tous azimuts

 

Sur place, les spectateurs entendront les conversations qui ont lieu à proximité. Ils entendront aussi la musique diffusée sur la scène devant eux s’ils s’en approchent suffisamment. Les organisateurs promettent une qualité sonore relevée. Il faudra brancher son PC à sa chaîne stéréo pour en profiter à fond.

Ils promettent aussi une programmation éclectique malgré les défis posés par la pandémie et les restrictions liées aux voyages et à l’utilisation des lieux publics. L’événement a perdu environ le tiers des artistes que ses organisateurs espéraient présenter.

Néanmoins, il y en aura pour tous les goûts puisque la majorité des artistes sera tout de même sur place, quoique de façon virtuelle. La programmation mise sur une variété de genres musicaux qui tirent dans toutes les directions. Cela va du soft pop au black métal.

 

Il y a bien entendu un lourd contingent d’artistes locaux, mais on note aussi la présence de quelques artistes internationaux, avec notamment la venue de groupes français, mexicains et sud-américains.

Au moment de planifier l’édition 2022, avant les Fêtes et avant l’annonce de nouvelles restrictions, Patrick Labbé, le cofondateur et directeur général du Phoque Off, comptait célébrer un certain retour à la vie normale en présentant une carte musicale très diversifiée. Si ça se trouve, la tenue de l’événement dans le métavers ne fera que rendre cette diversité plus apparente.

« Notre objectif a toujours été de proposer des contenus audacieux, dit-il. Le programme 2022 allait être audacieux même en présentiel. Ce n’est qu’ensuite qu’on a appris qu’il faudrait trouver une autre formule. »

Les amateurs du Phoque Off se réjouiront : l’audace se transpose très bien dans le métavers.

Festival Phoque Off

Trois scènes numériques, du 21 au 25 février

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