Michel-Richard Delalande, Ensemble Correspondances, S. Daucé

Le disque orchestral Delalande (1657-1726) de Vincent Dumestre a été un de nos CD de l’année 2021. Voici le versant sacré. Le « Grand Motet » est à la musique religieuse française sous Louis XIV ce que la cantate est à Bach. Charpentier, Du Mont, Lully, Delalande produisent à foison pour la Chapelle royale ces œuvres pour chœur et grand orchestre. Ce disque rassemble le Dies Irae S31 (1690), le Miserere S27 (1687) et le Veni Creator S14 (1684), les deux premiers dans des éditions nouvellement publiées. On comparera avec grand intérêt ce Dies Irae introspectif, souvent distribué aux voix solistes, avec celui de Lully (1683) enregistré par Leonardo García Alarcón pour Alpha. Ce CD est plus que bienvenu, car le De profundis S23 a quasiment phagocyté l’attention portée à la production sacrée de Delalande. Dans le Dies Iraeet le Miserere, Sébastien Daucé fait planer, sans jamais forcer la dose, le poids de la condition humaine, là où il aurait été si facile de miser sur le faste versaillais. Il introduit ainsi une pudeur recueillie, impressionnante.

Michel-Richard Delalande

★★★★ 1/2
Classique

Ensemble Correspondances, S. Daucé, Harmonia Mundi HMM 902 625

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