The Boy Named If, Elvis Costello & The Imposters

Depuis le jour où il décida qu’Elvis Costello, appellation improbable et absurde (roi du rock + covedette de duo comique), lui convenait mieux que Declan McManus pour affronter le monde, l’irréductible binoclard a eu les coudées franches. Le suivre est passionnant et déroutant : on ne sait jamais où il en est. Les dernières fois, il a été plus qu’éclectique (Hey Clockface), puis carrément incongru (ressortir This Year’s Model, pareil sauf les voix, chantées par autrui en espagnol…). Et ce coup-ci ? Un disque pop-punk très années 1970 (orgue Farfisa compris) avec ses Imposters, mais au service de chansons… pour enfants. Qui n’en sont pas vraiment. Ces « children’s tales » parlent en fait de tout ce que les enfants vont vivre (subir ?) en grandissant, et c’est pas joli joli. Mais ça fait de formidables chansons : Magnificent Hurt, Penelope Halfpenny, Mistook me for a Friend sont impitoyablement belles. Dangereusement mélodiques. Merveilles toxiques. Une œuvre de jeunesse actuelle ET décalée pour commencer l’année.

   

The Boy Named If

★★★★ 1/2
Rock

Elvis Costello & The Imposters, Capitol

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