Isolde Lagacé quittera la salle Bourgie du Musée des beaux-arts à la fin de l’année

La directrice générale et artistique est entrée en fonction auprès de la Fondation Arte Musica, gestionnaire de la salle, dès janvier 2008, et a façonné les saisons musicales de la salle Bourgie dès son ouverture, en septembre 2011, jusqu’à ce jour.
Photo: Michael Monnier Archives Le Devoir La directrice générale et artistique est entrée en fonction auprès de la Fondation Arte Musica, gestionnaire de la salle, dès janvier 2008, et a façonné les saisons musicales de la salle Bourgie dès son ouverture, en septembre 2011, jusqu’à ce jour.

La salle Bourgie du Musée des beaux-arts de Montréal a annoncé mercredi en début d’après-midi le départ à la retraite à la fin de l’année 2022 de sa directrice générale et artistique, Isolde Lagacé. Cette dernière en présidait les destinées depuis son ouverture en septembre 2011. Un appel de candidatures afin de pourvoir le poste sera lancé dès la semaine prochaine.

« Mon départ était prévu, il n’a rien à voir avec la COVID-19. Je voulais partir à la fin de cette année et ne pas planifier la saison 2023-2024 », déclarait mercredi Isolde Lagacé au Devoir. La directrice générale et artistique est entrée en fonction auprès de la Fondation Arte Musica, gestionnaire de la salle, dès janvier 2008 et a façonné les saisons musicales de la salle Bourgie dès son ouverture, en septembre 2011, jusqu’à ce jour.

Jusqu’à son départ, en décembre 2022, Isolde Lagacé continuera à exercer ses fonctions de directrice générale et artistique et achèvera la programmation de la saison 2022-2023, sa douzième. On sait d’ores et déjà que celle-ci comprendra la fin de l’intégrale des sonates pour piano de Beethoven par Louis Lortie, qui vient d’être reportée pour une quatrième fois !

Flair et sensibilité

La nouvelle du départ d’Isolde Lagacé avait été annoncée un peu plus tôt en matinée à l’interne par un courriel de Pierre Bourgie, président du conseil d’administration de la Fondation Arte Musica, dont Le Devoir a pu prendre connaissance.

« J’ai la conviction profonde que le projet musical au Musée ne serait pas ce qu’il est devenu sans le travail admirable d’Isolde qui, par son charisme, sa grande connaissance du milieu musical et son leadership inspirant, a su doter Montréal d’une salle de concert de tout premier rang qui fait aujourd’hui la fierté des Montréalais.e.s et des Québécois.e.s. […] C’est grâce à son flair et à sa sensibilité que la salle Bourgie est devenue, au fil des ans, l’un des lieux les plus prisés pour la musique au Québec », y écrit le mécène des lieux.

De son côté, Isolde Lagacé pense qu’il « est clair que la salle Bourgie a changé le paysage musical à Montréal et au Québec ». Elle en veut pour preuve les témoignages d’artistes lui disant : « Si la salle Bourgie n’était pas là, personne ne présenterait cela », et évoque l’immense projet de l’intégrale des cantates de Bach.

La programmation locale

Plus encore, elle souligne que « la moitié de la programmation est locale ». « Les gens pourraient penser que le local, ce n’est pas bon, mais pour moi, notre local est exceptionnel. Charles Richard-Hamelin, je l’ai engagé deux fois avant qu’il aille à Varsovie [remporter le 2e prix au Concours Chopin 2015]. Notre public l’a donc entendu deux fois avant que le monde se l’arrache. C’est notre rôle et personne d’autre ne remplit ce rôle. »

Considérant que « tous les artistes montréalais » peuvent se sentir en résidence à la salle Bourgie, Isolde Lagacé note qu’économiquement, le développement de la salle est « arrivé pour les musiciens québécois au moment du déclin de la musique classique à Radio-Canada. Pour beaucoup, la salle Bourgie a remplacé l’activité [concerts enregistrés] à Radio-Canada ».

La directrice actuelle participera à la sélection de la personne qui lui succédera. « J’ai écrit la description de tâches puisqu’elle n’existait pas. Si j’étais à l’Orchestre symphonique de Montréal et que je partais après 12 ans, peut-être que cela ne me regarderait pas. Mais là, le cas est un peu particulier : j’ai quand même fondé ce projet-là avec Pierre Bourgie. Tous s’attendent à ce que je participe au processus. »

Mme Lagacé souhaite voir l’élu(e) entrer en fonction avant l’été : « Il y a quelques concerts reportés en 2023-2024, mais je ne veux pas abuser, et il faut donner la chance au nouveau directeur de faire la saison. Pour cela, il ne peut pas rentrer en septembre. Ce serait trop tard. »

La diffusion postpandémique 

En ce qui concerne l’avenir, Isolde Lagacé ne pense pas « qu’on reviendra comme avant la pandémie » et croit à la nécessité de « réfléchir à la diffusion postpandémique ». Mais elle souligne du même souffle qu’on « présente la musique en salle depuis 200 ans » et que « ce qui se passe sur scène, ce partage, est intemporel ».

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