2022 sera exceptionnelle pour les disques d’ailleurs

Neuf ans après la sortie de «Racine carrée», Stromae rompra le silence le 4 mars prochain avec un troisième album en carrière.
Photo: The Associated Press Neuf ans après la sortie de «Racine carrée», Stromae rompra le silence le 4 mars prochain avec un troisième album en carrière.

Jouons aux devins en faisant une prédiction : l’année 2022 sera une cuvée exceptionnelle de nouvelles parutions discographiques. Loin des scènes depuis presque deux ans en raison de la pandémie, les créateurs sont retournés à leurs laboratoires, travaillant sur de nouvelles idées en souhaitant un jour pouvoir les présenter en concert. Plusieurs musiciens attendaient l’embellie coronavirale pour enfin dévoiler leurs nouvelles œuvres, mais leur patience aura atteint une limite : les vannes s’ouvriront bientôt, et nous serons inondés de grands disques.

Multitude sera-t-il l’un d’eux ? Neuf ans après la sortie de Racine carrée, Stromae rompra le silence le 4 mars prochain avec un troisième album en carrière. Dimanche dernier, le Belge faisait les manchettes en transformant une entrevue au Journal de 20 h à la chaîne TF1 en performance musicale pour présenter son tout nouveau simple L’enfer, qui aborde ses « pensées suicidaires / Et j’en suis peu fier / On croit parfois que c’est la seule manière de les faire taire / Ces pensées qui me font vivre un enfer ». Qu’est-ce qu’on l’attend, cet album !

Si le reste du mois de janvier s’annonce timide sur les rayons des disquaires, février s’emballera avec, coup sur coup le 4 février, les nouveaux albums des groupes Animal Collective (Time Skiffs) et Black Country, New Road (Ants From up There, une escale au théâtre Fairmount est prévue le 26 février) et des autrices-compositrices-interprètes Cate Le Bon (Pompeii) et Mitski (Laurel Hell, un concert à Montréal le 19 mars est à l’horaire), tous recommandables. La semaine suivante marquera la sortie d’un album solo d’Eddie Vedder de Pearl Jam (Earthling) et l’arrivée de l’album double Dragon New Warm Mountain I Believe in You du sublime groupe indie folk Big Thieves, qu’on espère entendre le 18 avril au théâtre Olympia.

La date du 25 février marquera deux retours sur disque, entre curiosité et nostalgie. Toujours mené par Marc Almond, le groupe new wave Soft Cell réapparaîtra avec Happiness not Included, un premier album studio en 17 ans ; pour sa part, le duo pop-rock Tears for Fears, autres héros des années 1980, présentera The Tipping Point, un septième album en presque 40 ans de carrière.

Six ans après Retribution, la passionnante musicienne inuite Tanya Tagaq offrira le 21 janvier Tongues, annoncé par le viscéral et exploratoire extrait Colonizer lancé en fin d’année dernière. De Toronto, le groupe punk expérimental Fucked Up offrira Do All Words Can Do le 25 mars prochain. On surveillera tout autant les nouveaux Father John Misty (Chloe and the Next 20th Century, 8 avril) et deux nouveaux albums de Jack White, un prévu pour le 8 avril (Fear of the Dawn), juste avant son concert prévu à la Place Bell le 16, l’autre pour le 22 juillet (Entering Heaven Alive).

Tout ça sans compter les lancements surprises, une stratégie de mise en marché de plus en plus prisée par les musiciens. Arcade Fire pourrait-il être tenté par la manœuvre ? Cardi B ? Kendrick Lamar ? Rosalia ? Christine & The Queens ? Beyoncé ? Smile, le nouveau projet de Thom Yorke et Jonny Greenwood de Radiohead ? Ils sont tous soupçonnés de nous cacher de nouvelles chansons…

Et les concerts dans tout ça ? Le calendrier était bien garni jusqu’à l’arrivée de l’été. C’était avant Omicron, les jauges réduites, les salles fermées, les lumières éteintes de 22 h à 5 h du matin.

Janvier est à l’eau, voyons ce qui se tramerait en février. The Offspring et Simple Plan au Centre Bell le 2 février ? Andy Shauf au Corona le 4 ? Blue Rodeo à la Place des Arts le 10 ? La brillante Courtney Barnett au MTelus le 11 ? L’immensément populaire Billie Eilish au Centre Bell le 15 ? Hélas, tout cela semble bien improbable au moment où ces lignes sont écrites…

Misons alors sur mars. L’autrice indie rock américaine Lucy Dacus viendrait chanter les perles de son album Home Video le 2 au théâtre Corona, alors que le même soir, le groupe LOW viendra nous remplir les oreilles au théâtre Fairmount — le choix serait déchirant. Le compositeur électronique Bonobo remplirait à nouveau le MTelus le 6. Le 8 mars, le buzz de l’heure sur la scène underground, un duo post-punk féminin baptisé Wet Leg, présenterait au Bar le Ritz PDB les chansons de son premier album, attendu le 8 avril prochain.

La Place Bell de Laval renaîtrait grâce au rappeur Tyler, The Creator (9 mars) et aux psyché-rockeurs de Tame Impala (10 mars). Ça brasserait un peu plus au Corona avec le retour des vétérans du métal Sepultura (17 mars) et le post-punk explosif de Parquet Courts (18 mars) — avec Mdou Moctar en première partie, quel beau programme !

Nous aurions hâte au concert d’Yves Tumor au Club Soda le 1er avril, et plus encore à celui de Nick Cave & Warren Ellis, à la salle Wilfrid-Pelletier les 2 et 3 — la néo-zélandaise Lorde les suivra le 7, au même endroit. Perfume Genius occuperait la scène du Rialto le 3 avril, puis le lendemain, au National, on reverrait les revivalistes du rock psychédélique turc Altin Gün. Le 9 avril nous visiterait la jeune prodige indie rock Lindsey Erin Jordan, alias Snail Mail, au Club Soda ; les vétérans belges de l’électro industrielle Front 242 ébranleraient les fondations de la Société des arts technologiques le 16 avril ; le vénérable James Taylor ferait un tour au Centre Bell le 28 avril.

À moins d’une nouvelle vague, bien entendu. Auquel cas, il nous restera toujours de bons disques à écouter.

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