Fragments, Bonobo

En plus de deux décennies, le compositeur et remixeur britannique Bonobo s’est taillé une place dans le cœur des amateurs de grooves électroniques en demeurant dans sa propre zone de confort musicale délimitée par le house et le trip-hop — et surtout par les idées avancées par ses collègues, plus audacieux ou visionnaires. Il en va de même sur son septième album, Fragments, agréable, mais prudent, qui pâlira forcément devant les comparaisons qu’on fera du style qu’il explore aujourd’hui avec ceux de Four Tet (patent sur Otomo, quand même une des plus marquantes du disque) ou Jamie XX (Closer, Counterpart), pour ne nommer qu’eux. Le musicien est à son meilleur sur les compositions instrumentales ; Rosewoodet ses synthés faisant de belles vaguelettes sur une rythmique house, la plus nerveuse et mélancolique Age of Phase, le breakbeat docile de Sapien, toutes réussies parce que faites dans les règles de l’art. En revanche, les compositions mettant en vedette les chanteurs invités (Jordan Rakei, Jamila Woods, Kadhja Bonet) s’avèrent jolies, avec des couleurs soul et jazzées, mais fades.

  

Fragments

★★★
Électronique

Bonobo, Ninja Tune

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