Ensemble Cristofori, A. Schoonderwoerd

Vitrine du 31 décembre : pourquoi pas des « prix citron » ? C’est aussi en côtoyant l’horreur que l’on apprécie le beau. Alors là, il n’y a pas tromperie sur la marchandise : on est dans le nanar cosmique, né du stade ultime du délire auquel peuvent parvenir certains expérimentateurs de l’historicité. Cristofori est un ensemble à un instrumentiste par partie, soit 20 musiciens. Les vents (dédoublés) devraient « bouffer » le pauvre quatuor à cordes, mais à l’aide des micros, on limite les dégâts. Sur le fond, le concept est nul : on sait très bien que Beethoven cherchait des effectifs développés. Sur la forme, on atteint l’antisublime (pendant de l’antimatière). Même si on tenait mordicus à envisager la musique symphonique de Beethoven comme une musique de petit salon princier, cela ne serait pas une raison de la diriger et la jouer ainsi. Imaginez Coriolan en neuf minutes, alors que la vélocité devrait être le premier atout d’un tel format. Le bouquet est cependant final, avec un quatrième mouvement de l’Héroïque faux à faire dresser les cheveux sur la tête.

Ensemble Cristofori

A. Schoonder-woerd, Beethoven, Avi 8553487

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