Tapiskwan sipi, Les Tireux d’roches

Le quintette de Saint-Élie-de-Caxton brasse ses cartes sur ce septième album en plus de vingt ans de carrière en optant pour un répertoire entièrement instrumental, une première dans l’histoire du groupe trad québécois le plus coloré sur le plan des orchestrations, des timbres (bouzouki, harmonicas, les toujours superbes flûtes et cuivres de Luc Murphy) et des influences musicales. Au cœur de l’album, la chanson Tapiskwan sipi — nom donné par les Atikamekw à la rivière Saint-Maurice — rappelle l’intarissable passion de l’orchestre pour sa Mauricie, passion partagée ici avec Karine Awashish, cofondatrice de la Coop Nitaskinan, qui ne chante pas, mais témoigne, avec autant d’émotions. Les nouvelles idées musicales du groupe brillent en l’absence de texte : ce rythme lent, appuyé, cadençant le reel Coucoucache, l’harmonica country-blues survolant La Bostonnais, les sons percussifs trafiqués par des effets de studio qui donnent un caractère moderne à la belle Traversée du Marie-Louise et McCormick, le swing jazz de la comique Happy Town. Un disque plein d’esprit et de fraîcheur.
 

Tapiskwan sipi

★★★ 1/2
Trad

Les Tireux d’roches, Les Faux-Monnayeurs

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