Anton Batagov, Schubert

2021, pilule amère : troisième volet. Anton Batagov, pianiste et compositeur minimaliste russe, possède une aura de « professeur Nimbus » du piano. Alors, quid dans Schubert ? Critiquer ce CD mortifère et épuisant serait comme tirer sur une ambulance. Figé dans une lenteur léthargique (le 1er mouvement de D. 960 dure 28 minutes !), Batagov évolue dans son monde. Par contre, son CD est l’un de ceux qui reposent sur un phénomène de mode inquiétant. Le Russe joue un Impromptu, le 1er mouvement de la Sonate, un Klavierstück, le 2e mouvement, des Ländler, etc. Même chose avec Echoes of Life, d’Alice Sara Ott (DG), un enregistrement des Préludes de Chopin dont le continuum est interrompu tantôt par Ligeti, tantôt par Nino Rota ou Arvo Pärt. Cette obsession des « ponts imaginaires », célébrée dans Labyrinth, de David Greilsamer (Naïve), peut être une quête visant la réintroduction de la musique de notre siècle dans notre univers, mais risque bien plus souvent de devenir un artifice destiné à vendre une 150e version des Préludes de Chopin sous couvert de fausse originalité.

Anton Batagov

Classique

Schubert, Melodiya, MEL CD 1002658, 2 CD

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