Civilisation, Orelsan

Convenons d’abord que la barre était haute pour le rappeur français Orelsan. La fête est finie (2017), son 3e album, a été un retentissant succès critique et commercial en Europe. La comparaison paraîtra injuste, mais voilà : Civilisation déçoit, même s’il est annoncé par un percutant extrait de L’odeur de l’essence : « La nostalgie leur fait miroiter la grandeur d’une France passée qu’ils ont fantasmée / Regarde l’incompréhension saisir ceux qui voient leur foi dénigrée sans qu’ils aient rien d’mandé / Regarde la peur les persuader qu’des étrangers vont v’nir dans leurs salons pour les remplacer », assène le MC à un an de la présidentielle. Or, on peine à trouver des rimes aussi pertinentes dans les 15 titres de ce disque musicalement écartelé entre des strophes en béton et des bluettes guitare-voix, comme dans l’insignifiante Jour meilleur. Retenons, dans cet album finalement très léger sur le plan des thèmes, les morceaux les plus agréables, Casseurs Flowters Infinity avec le vieux complice Gringe ou l’excellent Dernier verre, une collaboration de prestige avec Pharell Williams et Chad Hugo (The Neptune).
 

Civilisation

★★★
​Hip-hop

Orelsan, Wagram

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