Retour des vedettes au 15e Festival Bach

Le chef tchèque Václav Luks ouvrira le Festival Bach 2021.
Petra Hajsk Le chef tchèque Václav Luks ouvrira le Festival Bach 2021.

Le 15e Festival Bach débutera par un concert de cantates de l’Oratorio de Noël dirigé par Václav Luks, samedi à Québec et dimanche à Montréal. L’année 2021 marque le retour de la savante alchimie qui a fait la marque de fabrique du Festival : les meilleurs talents d’ici au contact de vedettes de la scène internationale.

« Festival international, nous invitons des musiciens de Montréal, du Québec et du monde entier. La différence cette année est que nous avons convié des artistes, mais pas d’ensembles étrangers, car le risque était encore trop élevé », résume au Devoir Alexandra Scheibler, cofondatrice du Festival Bach, directrice générale et artistique de la manifestation.

C’est ainsi que Václav Luks dirigera cette fin de semaine en ouverture non pas son orchestre tchèque Collegium 1704, mais plutôt le Chœur et Orchestre du Festival, ensemble constitué ici en 2018.

Le concert de dimanche à la Maison symphonique sera le dernier avec la scène élargie. Soucieuse de la disposition de ses musiciens, Alexandra Scheibler a passé une bonne partie du début de semaine à tenter d’obtenir confirmation de la rumeur sourde voulant que la distanciation entre les musiciens et même les choristes soit désormais de un mètre. Cette information ferme et claire, Le Devoir la demandait au ministère de la Santé et des Services sociaux depuis le 10 novembre.

En pratique, il existe une disposition du guide de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail en vigueur depuis le 7 juin dernier, écrite à l’origine pour les plateaux de tournage (cinéma et télévision). Elle stipule que les artistes vaccinés d’une « équipe stable » peuvent partager une scène à un mètre de distance. Selon les informations obtenues par Le Devoir, cette disposition a été élargie en début de semaine dernière aux orchestres. L’Orchestre symphonique de Montréal (OSM) et l’Orchestre Métropolitain (OM) appliqueront cette règle à la Maison symphonique, ce qui fait que le plateau peut revenir à sa taille originale. On le verra lors du concert de clôture du Festival Bach, dirigé par Nicolas Ellis, le 5 décembre.

Timidité

Nicolas Ellis dirigera l’OM après avoir présenté les Concertos brandebourgeois avec son Orchestre de l’Agora. Les autres Québécois à l’honneur seront notamment Bernard Labadie et les Violons du Roy pour L’art de la fugue, le Studio de musique ancienne, Arion et Pallade Musica. Par ailleurs, quatre concerts gratuits seront offerts dans le cadre de l’« Off Festival », sur le boulevard Saint-Laurent, les 29 et 30 novembre.

Les trois grands solistes invités par le Festival sont Sergeï Babayan pour présenter le 1er Livre du Clavier bien tempéré le 2 décembre, Martin Helmchen pour les Partitas pour clavier, le 27 novembre, et le contre-ténor Valer Sabadus, le 1er décembre.

Nous espérions webdiffuser. [...] Mais les demandes de subventions ont été déposées, et nous n’avons aucune idée si nous allons obtenir l’enveloppe. Nous ne courrons donc pas ce risque-là, et il n’y aura pas de webdiffusions. 

 

Des têtes d’affiche comme Babayan ou Helmchen feraient courir les publics à Vienne, Londres, Berlin ou Paris. Pour l’heure, Montréal semble plus timide à adhérer à la proposition. « Il y a un risque, mais nous sommes optimistes, avance Alexandra Scheibler. Nous voulons faire fonctionner des choses et c’est ce qui attire la confiance de nos commanditaires ».

Donateur de l’octobasse de l’OSM, Roger Dubois de Canimex est le premier de ceux qui reconnaissent l’audace et la persévérance de l’organisatrice du Festival.

Reste à trouver du répondant auprès des pouvoirs publics. Interrogée sur les webdiffusions associées aux concerts, Mme Scheibler donne une réponse lapidaire : « Nous espérions webdiffuser, d’autant que nous avons créé la plateforme canadaclassique.com et souhaitons que ce phénomène et ces outils ne soient pas éphémères, uniquement liés à la COVID. Mais les demandes de subventions ont été déposées, et nous n’avons aucune idée si nous allons obtenir l’enveloppe. Nous ne courrons donc pas ce risque-là, et il n’y aura pas de webdiffusions. »

À voir en vidéo