Phosphenes, Jessica Moss

Figure reconnue de la scène expérimentale québécoise, la compositrice et violoniste Jessica Moss a parfaitement saisi le sentiment de deuil et de solitude qui nous a habités cette dernière année. Bien sûr que Phosphène est un album de confinement, mais essentiellement conçu et enregistré comme ses trois précédents, en solo, en superposant piste sur piste de son violon, en calibrant minutieusement son timbre, sa dynamique, sa sonorité, pour créer l’illusion d’un orchestre de chambre. Sur la face A, la suite Contemplation en trois mouvements est sans doute sa plus belle composition, une œuvre minimaliste d’où émerge un thème qui se déploie gracieusement, à petits pas. Plus saccadées, Let Down, en ouverture de la face B, et la suivante, Distortion Harbour, nous rappellent le côté farouche de la compositrice, qui incorpore sa voix à ses orchestrations, avant de conclure avec la touchante chanson Memorizing and Forgetting, sur laquelle les chœurs s’imposent devant le piano et le violon. Superbe, du début à la fin.
 

Phosphenes

★★★★
Expérimental

Jessica Moss, Constellation Records

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