Chopin, Seong-Jin Cho et l'Orchestre symphonique de Londres

Comme pour Jan Lisiecki, une comparaison se fait avec Bruce Liu, ici dans le 4e Scherzo (et donc, aussi, avec le récent miraculeux CD de Beatrice Rana dans les quatre). Mais cette fois, ce sont des alter ego, les vainqueurs du Concours Chopin 2015 et 2021, sur deux voies légèrement différentes : Liu plus ludique et félin, Cho plus tendu, quasi ébouriffant. Il n’y a pas lieu, pour qui vient d’acquérir les scherzos, si parfaitement balancés entre sardonique et méditation, de Beatrice Rana (+Études op. 25) d’acheter dans la foulée ceux de Seong-Jin Cho. Il faut toutefois avouer que le pianiste coréen fait plus que bonne figure et que le souffle vital de son 2e Concerto, hélas accompagné un peu lourdement par Noseda, est admirable. Avec un zeste d’élégance de touche en moins, Cho rappelle l’intégrité musicale d’un précédent vainqueur du Concours Chopin, Yundi Li. Ce disque dense, avec un sens remarquable de la phrase et de la respiration musicale, dans un monde où la mièvrerie a tant gangrené l’interprétation chopinienne, est très à son honneur.

  

Chopin

★★★★
Classique

Seong-Jin Cho, Orchestre symphonique de Londres, G. Noseda, DG 486 0435

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