Sous les projecteurs de l'ADISQ, l’année dorée de Klô Pelgag

Grâce à l’album «Notre-Dame-des-Sept-Douleurs», Klô Pelgag croule sous les Félix avant même la diffusion du grand gala.
Photo: William Arcand Grâce à l’album «Notre-Dame-des-Sept-Douleurs», Klô Pelgag croule sous les Félix avant même la diffusion du grand gala.

À quatre jours du grand événement musical télévisé, on peut déjà parler du triomphe de Klô Pelgag. Nommée dans seize catégories aux galas de l’ADISQ grâce à Notre-Dame-des-Sept-Douleurs — son troisième album, paru à l’été 2020 —, l’autrice-compositrice-interprète est liée à onze victoires : sept Félix remis lors du Gala de l’industrie présenté lundi dernier, et quatre nouveaux gagnés mercredi soir lors du Premier gala de l’ADISQ, animé par Pierre Lapointe et diffusé par Télé-Québec.

Elle demeure en lice dans trois des douze dernières catégories, qui sont au programme du gala de dimanche soir, présenté par Radio-Canada et animé par Louis-José Houde.

 

Les collaborateurs

Onze Félix pour Klô et ses complices dans un même cycle de création, avant même le gala du dimanche ? C’est phénoménal ; à l’ADISQ, on remue les archives pour trouver aussi abondante récolte. Céline en a déjà remporté six en un gala, nous rappelle l’association, tous dans les catégories dites « artistiques ».

Si l’on juge que la catégorie Arrangements de l’année, prix remis lors du Gala de l’industrie et partagé avec Owen Pallett, est aussi un travail de création, Klô en a déjà cinq.

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C'est le nombre de Félix que Klô Pelgag et ses complices ont remporté, avant même le grand gala de l'ADISQ, une récolte exceptionnelle.

Quatre de ces prix « artistiques » lui ont été remis hier soir : Album de l’année – alternatif et Album de l’année – choix de la critique pour Notre-Dame-des-Sept-Douleurs, Vidéo de l’année pour l’extrait Mélamine et Collaboration internationale de l’année (une nouvelle catégorie) pour la chanson Sorcières, en duo avec Pomme.

Un de plus et elle sera, dans l’histoire, l’égale de la diva de Charlemagne… qui compte tout de même 50 Félix en carrière.

Ainsi, Klô Pelgag a pu ajouter les prix d’hier à sa généreuse récolte de lundi dernier, récolte qui rejaillit sur ses collaborateurs : le réalisateur Laurence « Baz » Morais (Mise en scène et scénographie de l’année pour VIVRE : le spectacle spectral), le coréalisateur Sylvain Deschamps (Réalisation de disque de l’année), l’ingénieur de son Pierre Girard (Prise de son et mixage de l’année, prix partagé avec Deschamps, et Sonorisation de l’année pour VIVRE, partagé celui-là avec Rami Renno) et le quatuor de photographes et de graphistes derrière la Pochette d’album de l’année.

Place à la relève

La soirée de gala, préenregistrée au MTelus, a malheureusement démarré avec un couac : pour les téléspectateurs câblés, la voix de l’animateur Lapointe avait été oubliée sur le plancher de la salle de montage. On imagine la panique dans les bureaux de l’ADISQ qui, sur les réseaux sociaux, invitait les téléspectateurs à regarder l’événement sur le web, où les présentations étaient audibles. 

On décelait cependant dès la première performance musicale le désir de laisser le plus de temps d’antenne possible à la relève. Lapointe, Ariane Moffatt et Louis-Jean Cormier ont ainsi invité sur le plateau Ariane Roy, Robert Robert, Lumière (Étienne Côté, ex-Canailles, membre de Bon Enfant) et Gab Bouchard, le temps d’un numéro bien ficelé, mais un brin longuet, chacun interprétant un bout d’une chanson de son propre répertoire. Plus efficace, la performance conjointe de Laurence-Anne et Antoine Corriveau, qui auraient mérité chacun leur propre numéro. Brouillons mais sympas, Comment Debord, Thierry Larose et le collectif #Rapelles ont aussi bénéficié de la tribune pour mieux se faire connaître du grand public. Ramon Chicharron a injecté beaucoup de chaleur et de groove à cette soirée contrite – vivement le retour du gala en direct, avec des remerciements spontanés plutôt que des discours préenregistrés. 

Et les autres ?

La soirée télévisée d’hier a aussi fait briller deux autres musiciennes : Charlotte Cardin, lauréate de trois prix (ses premiers Félix en carrière), ainsi que Roxane Bruneau et ses deux Félix. Pour l’album Phoenix, la première a reçu le prix de l’Album de l’année – anglophone, puis celui de l’Artiste de l’année ayant le plus rayonné hors Québec, devant Klô, tiens, ainsi que Basia Bulat, Plants and Animals et l’hôte du gala, Pierre Lapointe. Roxane Bruneau a reçu, grâce à son album Acrophobie, les Félix de l’Album de l’année – pop et Album de l’année – succès populaire, catégorie autrefois nommée Album meilleur vendeur, qui combine en parts égales les ventes d’albums physiques et les diffusions sur les plateformes numériques.

Parmi les autres belles récompenses dans les catégories Album de l’année, relevons le Félix Autres langues (Renegade Breakdown) remis à Marie Davidson & L’Œil Nu, celui de l’album électronique (Juvenile) à CRi, et Musiques du monde (Pescador De Sueños) à Ramon Chicharron. Vincent Vallières (folk), Jordan Officer (jazz), Bon Débarras (traditionnel) et les Cowboys Fringants (rock) complètent la liste.

La pandémie a provoqué quelques modifications dans les catégories. Le troisième prix de Cardin lui fut attribué pour The Phoenix Experience dans la catégorie Spectacle en ligne de l’année – anglophone, alors qu’en humour, il fut remis à l’icône Yvon Deschamps.

Une seconde catégorie a été introduite, celle de l’Artiste de l’année ayant le plus rayonné sur le web, et il ne pouvait y avoir qu’un seul gagnant : l’inépuisable source de sourires quasi quotidiens que demeure Damien Robitaille, le jukebox humain.

Le Félix hommage

 

Soulignons enfin que l’ADISQ a décerné lors du Gala industrie son Félix hommage à Solange Drouin, qui a quitté ses fonctions de vice-présidente aux affaires publiques et directrice générale de l'association l’été dernier, après 29 ans de service. Elle est aujourd’hui remplacée par Ève Paré qui, le 1er novembre dernier, signait avec le président du conseil d’administration de l’ADISQ Philippe Archambault un court plaidoyer pour « préserver le fragile équilibre des arts de la scène » au moment où le milieu reprend prudemment ses activités sous la menace que les programmes de soutien à l’industrie puissent être abolis après le 31 décembre 2021.

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