Cosmic Island, Salin

La Québécoise d’adoption Salin (Cheewapansri) est originaire de la Thaïlande, mais l’île cosmique sur laquelle elle nous convie avec ce premier album a plus en commun, sur le plan des rythmes, avec la planète violette de Prince qu’avec sa terre natale à elle. Comme lorsqu’elle accompagne son amie Dominique Fils-Aimé, la batteuse est ici toute dévouée à une conception du groove ne tolérant aucune esbroufe, qu’elle emprunte au disco, au néosoul, au nu jazz ou au funk électrifié (on attendra en vain tout au long de Wild World l’apparition de Lenny Kravitz, qui aurait été là comme dans son salon). Épaulée par les voix suaves d’amis triés sur le volet (dont celle de Clerel sur Talk to Me, l’occasion pour lui de prouver qu’il est ce que le Montréal musical couve de plus redoutablement irrésistible), la musicienne, parolière et réalisatrice rappelle que le savoir-faire derrière les tambours tient moins à une forme stérile de virtuosité (qu’elle possède néanmoins) qu’à ce mélange d’assurance et de sobriété permettant au reste de resplendir. L’élégance, c’est de ne jouer que ce qui est essentiel.

Cosmic Island

★★★
​Funk R&B

Salin, Indépendant

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