Apothéoses, Yokofeu

Six ans plus tard, nous avons conservé une forte impression du passage de Yokofeu aux Francouvertes en raison de sa présence chaotique et jubilatoire sur scène. Cette folie semble non pas disparue, mais en tout cas contenue, sur son deuxième album Apothéoses. Si le second extrait Lucioles, une douceur pop sur laquelle la voix de Francis Rose divague sous les effets sonores, tire le groupe vers une chanson new wave, Apothéoses est avant tout une lettre d’amour au rock kosmische allemand des années 1970 — notamment dans la chanson titre déployée en trois parties, les meilleures de l’album. Le jeu mécanique du batteur Maxime Drouin émule en douceur et avec plus de sobriété celui de Jaki Liebezeit (CAN), et donne le ton à ces chansons à lent déploiement qui, à de rares occasions (sur Armée de singes), nous surprennent par leurs structures inattendues. Un trip de conception sonore envoûtant, au service de chansons trop souvent linéaires.

Apothéoses

★★★
Rock

Yokofeu, Pantoum Records

À voir en vidéo