Enargeia, Emily d’Angelo

Emily D’Angelo, 27 ans, est une apparition vocale comme le pays en connaît une dans une décennie dans un vivier pourtant immensément fécond. New York, Berlin, Londres, Milan s’arrachent la première Canadienne consacrée à Operalia (2018). DG lui a fait signer un contrat, et pour la présenter à la planète, la lance non pas dans une carte de visite de grands airs de son répertoire, mais en zombie psychédélique dans un programme « post-arvo pärtien » de la veine « je demande pardon d’aimer la musique classique et pour expier, je reprendrais bien une bouchée de champignons hallucinogènes ». Il importe certes de flatter le vernis culturel des « néo-bobos » et de reposer les neurones de gens qui ont passé leur journée à faire du trading de cryptomonnaies. Mais le sujet est ici : qui est Emily D’Angelo ? Et c’est une chanteuse embarquée dans un coup foireux… Les guitares électriques, en 3e ou 4e disque, pour ouvrir les oreilles sur une certaine « modernité », pourquoi pas. En « debut recording » d’une telle artiste, c’est un scandale.


 

Enargeia

★ 1/2
Classique

Emily d’Angelo. Accompagne-ments divers, Deutsche Grammophon 486 0536

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