BariTenor, Michael Spyres, Orchestre philh. de Strasbourg, Marko Letonja

Au début, l’écoute sème le trouble. Concevoir un enregistrement comme un exploit presque sportif, est-ce vraiment une nécessité ? Alors on écoute Michael Spyres dans Mozart enchaîner Idomeneo (ténor), le comte des Noces et Don Giovanni (barytons) avec une polie mais indifférente admiration. Puis arrive un assez délirant Largo al factotum (Rossini, baryton) auquel s’enchaînent Le postillon de Lonjumeau et La fille du régiment, deux airs de bravoure escarpés pour ténor, Spyres poursuivant avec le comte de Luna (Le trouvère) et Hamlet d’Ambroise Thomas. À ce stade, on est passé à la fascination. Ce qu’on entend là, de la part d’un même être humain, est proprement hallucinant et c’est à notre connaissance du jamais vu à ce niveau dans l’histoire du chant. Certes, une voix s’assombrit naturellement dans le temps. Mais jouer à un instant « t » sur les deux registres avec cette qualité est tout à fait unique. Pour la bonne bouche, Spyres passe de l’air de Lohengrin au prologue de Paillasse comme si de rien n’était. On croit rêver !

  
 

BariTenor

★★★★ 1/2
Classique

Michael Spyres, Orchestre philh. de Strasbourg, Marko Letonja, Warner 019029515666

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