L’union fait la force de QCLTUR

Koudjo Oni, cofondateur de QCLTUR, qui se diffuse principalement sur YouTube, Instagram et Facebook
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Koudjo Oni, cofondateur de QCLTUR, qui se diffuse principalement sur YouTube, Instagram et Facebook

Inscrite en petits caractères en bas de l’affiche du samedi du festival Osheaga, la proposition QCLTUR passerait presque inaperçue. Il s’agit pourtant d’un des concerts de rap québécois les plus généreux auxquels il nous sera donné d’assister : pendant 45 minutes défileront sur scène Souldia, FouKi, Shreez, Connaisseur Ticasso, Raccoon, Benny Adam, Barnev, MikeZup, DawaMafia, Rosalvo et d’autres encore. La même clique que celle qui se rencontrait l’été dernier sur un album original, coproduit et édité par Disques 7e Ciel, mettant en valeur l’esprit de collaboration sur la scène rap francophone.

Le hip-hop a beau être aujourd’hui le genre musical dominant, en Occident comme au Québec, il souffre toujours d’un manque de représentation dans l’espace médiatique, estime Koudjo Oni, cofondateur du média indépendant QCLTUR, qui se diffuse principalement sur YouTube, Instagram et Facebook.

« L’objectif principal de QCLTUR est de promouvoir la culture francophone, autant du Québec que du Canada ou de l’international, en accordant une place aux artistes de ce qu’on appelle la musique urbaine — rap, R&B, afrobeat, aussi — et qui n’ont pas souvent la chance de présenter leur art dans les médias grand public. On voulait leur accorder cet espace médiatique, puisque ces musiques sont très consommées via les réseaux sociaux. »

Donner une vitrine à la diversité

Koudjo et son partenaire, Benny, investissent temps et argent dans ce projet qui, en plus de donner la parole aux artistes d’ici, fait la promotion de la relève à travers la série d’entrevues Up Next, laquelle « présente au public douze artistes qui, croit-on, feront du bruit dans l’avenir ». C’est beaucoup pour cette relève que l’album QCLTUR est né, en forgeant des liens entre artistes établis et de nouveaux noms tels que le chanteur Rosalvo, qui sera du concert samedi.

On a une culture [hip-hop] unique au monde, aujourd’hui débarrassée de son vieux complexe de n’être ni américain ni français dans notre rap

 

« Je crois que c’est une initiative dont on avait besoin : un projet réunissant plusieurs artistes dont la carrière est en pleine croissance », dit le Montréalais aux racines créoles, qui côtoie sur l’album Boris Levrai, la chanteuse Nissa Seych, Cupidon, JPS, Le Ice et autres talents tout frais. Cet admirateur de la vedette américaine Future explore depuis deux ou trois ans, en anglais et en français, un rap chanté « d’une voix douce, berçante, un peu mélancolique, avec beaucoup de mélodies ».

Il vante le travail de la petite équipe de QCLTUR qui, estime-t-il, donne « une vitrine à la diversité du rap québécois. On a une culture [hip-hop] unique au monde, aujourd’hui débarrassée de son vieux complexe de n’être ni américain ni français dans notre rap. Le projet arrive au bon moment pour montrer, surtout au public français, qu’il y a de la qualité et de la diversité dans le rap au Québec ».

« Quand on a commencé à monter ce média et à créer du contenu, affirme Koudjo, ce qui nous animait, c’était de créer un symbole d’unité sur la scène rap francophone. Rapidement, ce qui se dégageait de notre démarche, c’était la diversité de la scène. On rencontre un rappeur de Montréal, un autre de Québec, un de Gatineau, de Laval, on essaie de donner la parole à tout le monde. Je crois que les gens ont compris rapidement qu’on est des rassembleurs. » 

À l’affiche

The Franklin Electric Fraîchement paru, This Time I See It, le quatrième album du collectif montréalais The Franklin Electric, constituera sans doute la matière première du concert attendu vendredi à Osheaga. Son leader Jon Matte y exprime un folk rock voisin de celui de Patrick Watson ou d’Elliot Maginot. Vendredi, 19 h 50, scène de la Rivière.

DVSN Protégé de Drake, le duo R&B-pop torontois DVSN (formé du chanteur Daniel Daley et du compositeur-beatmaker Nineteen85) viendra défendre les chansons de A Muse in Her Feelings, paru au printemps 2020, plutôt que le tout récent Cheers to the Best Memories, une collaboration avec le chanteur américain Ty Dolla $ign. Vendredi, 20 h 40, scène de la Montagne.

Zach Zoya L’auteur-compositeur-interprète originaire de Rouyn-Noranda emploie la technique de l’effeuillage pour nous faire patienter jusqu’à son premier véritable album cet hiver, lançant sporadiquement de petites bombes R&B-rap (comme la récente Understand) pour faire mousser sa carrière en ascension. Samedi, 16 h 45, scène de la Montagne.

Les Shirley Le power trio rock-punk montréalais ouvrira la dernière journée d’Osheaga avec les explosives chansons de Forever is Now, son délicieux album paru en mars dernier. Dimanche, 15 h, scène de la Rivière.



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