Stephen Hough (piano), Robert Schumann

Les disques du penseur, philosophe, écrivain, compositeur et pianiste Stephen Hough sont tous des événements, car avec lui, on va au-delà des notes et, parfois, de la musique. Ces prémisses ne sont pas forcément un viatique pour Schumann, dont le langage pianistique est l’expression de profonds tourments. Le piano de Schumann, qui ne tolère pas les cartésiens, déjoue les codes et les conventions. Le mot d’ordre est ici « liberté », dans le phrasé, la violence des revirements et sautes d’humeur. Esprit libre, Éric Le Sage est son avocat le plus éblouissant. Stephen Hough s’en approche sérieusement en empruntant d’autres chemins. Le Schumann du pianiste anglais, à en juger par Kreisleriana, est un introspectif ruminant sur son sort, mais capable d’explosions (plage 8, « très vite »). Les contrastes sont exacerbés grâce à la virtuosité hors normes du pianiste. Hough le penseur se révèle dans une Fantaisie conduite avec une alliance de ferveur, tenue et poésie, d’autant plus captivante qu’elle est toujours imprévisible, notamment dans le dernier mouvement.

  

Robert Schumann

★★★★
Classique

Stephen Hough (piano), Hyperion, CDA, 68363

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