«Aurora», la voie de sortie de Fernie

Il y a, dans le son de Fernie, l’expression d’une incroyable maturité. L’auteur-compositeur-interprète possède une voix agile et claire, qu’il a développée dans des chorales puis auprès de professeurs de chant de la West Island Music Academy.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Il y a, dans le son de Fernie, l’expression d’une incroyable maturité. L’auteur-compositeur-interprète possède une voix agile et claire, qu’il a développée dans des chorales puis auprès de professeurs de chant de la West Island Music Academy.

Le festival POP Montréal célèbre cette année son vingtième anniversaire en poursuivant sa mission première : inviter le public à découvrir de nouveaux talents musicaux. Cette édition hybride a beau être bridée par les contraintes sanitaires, elle ne regorge pas moins d’excitantes propositions, comme celle que présente le jeune auteur-compositeur-interprète soul-R & B Fernie, qui lancera vendredi au Ministère un mini-album, Aurora, enregistré avec l’aide des membres du collectif Kids From The Underground — rien de moins que la plus importante contribution musicale québécoise issue du West Island depuis… Simple Plan !

On ne croyait jamais pouvoir écrire ceci : Baie-D’Urfé est désormais sur la carte. Formé il y a environ trois ans, le noyau de Kids From The Underground en est issu, et sa production musicale fait déjà tourner les têtes. Réunissant des compositeurs-beatmakers (Samaether, Housefly), des rappeurs (Mosez Jones, HXX) et des chanteurs (Fernie, Jad), le collectif a lancé ces derniers mois une poignée de goûteux simples facilitant les comparaisons entre le groupe du West Island et les collectifs Odd Future et Brockhampton.

« Je pense que ce qui nous unit, c’est cette vision commune de la musique, abonde Fernie. À force de se croiser en studio, on en est venus à l’évidence qu’on pensait tous pareil, qu’on partageait la même vision de ce qu’on voulait dire et ce qu’on voulait accomplir avec la musique. Ensuite, nous formons un groupe polyvalent, avec des chanteurs, des MC, des producteurs », tous de jeunes enfants lorsque POP Montréal est né, tous aujourd’hui influencés par le R & B, le rap et la démarche du rappeur américain J. Cole et de son propre collectif, Dreamville. « On essaie de créer un nouveau son, qui nous ressemble et ressemble à d’où on vient. »

Toucher la cible

Il y a, dans le son de Fernie, l’expression d’une incroyable maturité. L’auteur-compositeur-interprète possède une voix agile et claire, qu’il a développée dans des chorales puis auprès de professeurs de chant de la West Island Music Academy, accompagné par « un prof incroyable qui m’a encouragé à m’intéresser à plusieurs styles de musique différents, puis une autre qui m’a poussé à écrire mes propres chansons et à découvrir ce que j’avais besoin d’exprimer en tant qu’artiste ».

Le son de la guitare traverse les sept chansons originales du minialbum Aurora, rappelant un peu le son d’Arlo Parks, mais en plus fidèle à la tradition R&B afro-américaine (Fernie mentionnera l’inspiration fournie par Frank Ocean et le jeune torontois Daniel Caesar). Fernie, qui a grandi bercé par le soft rock de son père et la samba de sa mère d’origine brésilienne, excelle dans les chansons concises et les refrains qui touchent la cible, ceux de September, Back There et Borealis en particulier.

L’artiste a composé et enregistré toutes ces chansons ces trois dernières années, seul dans son petit studio maison ou avec l’aide des collègues de Kids From The Underground, sans penser à un album. « J’ai fini parcomprendre qu’elles avaient toutes une chose en commun : la transparence, explique Fernie. Avec cet album, je crois montrer toutes les facettes de ma personnalité, la douceur, la joie, la mélancolie. Je voulais d’une montagne russe d’émotions, comme toutes les couleurs du ciel lorsqu’apparaît une aurore boréale », ajoutant souhaiter que les auditeurs trouvent leur propre interprétation de ses textes. « Ce sont des chansons personnelles qui invitent les gens à vivre un petit moment d’intimité avec eux-mêmes. Juste écouter la musique, et réfléchir. »

Ce qu’a beaucoup fait Fernie lui-même ces derniers mois… « Je suis une personne très anxieuse, donc cette pandémie m’a touché, raconte-t-il. J’ai même mis la musique de côté un moment pour tenter de me retrouver dans tout ça, en me disant que lorsque ce serait terminé, je saurais revenir avec une perspective différente sur la vie. »

Se rapprocher grâce à la pandémie

Kids From The Underground lui a permis de donner un sens à cette foutue crise sanitaire. « [Il n’y a] pas que la musique qui compte pour nous, il y a aussi la camaraderie entre nous, ce sentiment que nous formons une famille, insiste Fernie. Et ce sentiment s’est vraiment révélé à nous durant la pandémie. Honnêtement, je ne m’en serais pas sorti s’ils n’avaient pas tous été là ; j’ai eu beaucoup de conversations, avec chacun des membres du collectif. On découvre alors que nous tous avons tant à dire et qu’on peut apprendre de chacun d’entre nous. Finalement, cette pandémie nous a rapprochés. »

Aurora, de Fernie, est le premier projet consistant de Kids From The Underground ; chacun des membres travaille à son projet solo respectif, après quoi le collectif travaillera sur un album commun.

À l’affiche à POP Montréal

Besnard Lakes & Vanille

Les vétérans psyché-rock partagent la scène avec l’autrice-compositrice-interprète dream pop Vanille, qui a lancé en début d’année un savoureux premier album, Soleil’96. Théâtre Rialto, 22 septembre, 21 h 30

Nick Schofield

Après avoir présenté en primeur le concert de son apaisant album Glass Gallery, le compositeur électronique-électroacoustique montréalais Nick Schofield reviendra bercer le public de POP Montréal. Toit du théâtre Rialto, 23 septembre, 15 h

Alicia Clara

À l’heure de l’apéro, les chansons aux relents shoegaze de l’autrice-compositrice-interprète Alicia Clara, qui lançait l’hiver dernier un premier EP,
Outsider/Unusual, sont précieuses. Clubhouse Rialto, 25 septembre, 18 h

Population II, Hot Garbage, Alias e Meggie Lennon

Affiche costaude pour samedi soir à la Sala, de la jeune pousse rock expérimentale Population II à la chanson pop racée de l’autrice-compositrice-interprète Meggie Lennon. La Sala Rossa, 25 septembre, 20 h 30

 

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