Jean-Sébastien Bach, Filippo Gorini

Au Festival Bach de Montréal 2020, Filippo Gorini jouait L’art de la fugue, depuis Turin, dans le cadre du Musée national du cinéma, la caméra nous conviant à une visite guidée. Hélas ! l’aspect visuel détournait notre attention d’une œuvre qui requiert la plus haute concentration, et la diffusion Internet était grevée de sauts et de microcoupures. Nous espérions que l’écoute en différé rendrait à cette approche son essence. Espoir comblé. Dans cette captation audio berlinoise de septembre 2020, l’absence d’images recentre notre attention. C’est important, car Gorini associe, dans le livret, une trame narrative à son approche. Pourquoi ? « L’idée selon laquelle [l’œuvre] ne devrait être considérée que comme un bijou purement théorique est erronée », affirme le pianiste qui couple « complexité formelle » et « tension émotionnelle ». De fait, le Contrapunctus X nous bascule dans un autre monde. On suit avec une fascination croissante la conduite des phrases du pianiste, au point de maudire d’avoir à changer de disque.

 

 

Jean-Sébastien Bach

★★★★ 1/2
​Classique

L’Art de la fugue, Filippo Gorini (piano), Alpha, 2 CD, 755

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