LaF reprend du collier

Jamaz (à droite) a lancé il y a quelques semaines un premier album, «Les Ennuis», sur lequel on peut entendre les autres membres de LaF, dont Bkay (à gauche).
Photo: Adil Boukind Le Devoir Jamaz (à droite) a lancé il y a quelques semaines un premier album, «Les Ennuis», sur lequel on peut entendre les autres membres de LaF, dont Bkay (à gauche).

Depuis hier et jusqu’à dimanche, la 32e édition des Francos redonne un peu de vie à ce Quartier des spectacles demeuré trop silencieux durant la belle saison. Le hip-hop domine la grille de programmation de cette édition minceur du festival francophone, avec les concerts de Raccoon, Vendou, Alaclair Ensemble, Lary Kidd, Tizzo, Calamine, Koriass & Fouki, White B & Connaisseur Ticasso, et enfin le collectif LaF, qui planche ces temps-ci sur la production de son second album, attendu en 2022. Le MC Jamaz nous en jase.

Alors, cet été d’assouplissements des mesures sanitaires, Jamaz ? « Honnêtement, je m’attendais à ce qu’on donne deux ou trois concerts seulement. Or, on en a fait une quinzaine. Au Saguenay, à Québec, à Saint-Jean-sur-le-Richelieu… on s’est promenés. Et c’est vraiment cool de pouvoir terminer l’été avec les Francos — c’est un concert qui nous excite tous ! »

Comme tant d’autres groupes en début de carrière, LaF (les rappeurs Mantisse, Bkay et Jamaz, les compositeurs Bnjmn. lloyd, BLVDR, Oclaz), récipiendaire de l’édition 2018 des Francouvertes, a dû ronger son frein lorsque le monde du spectacle fut mis à l’arrêt au printemps 2020 ; l’automne précédent, le groupe avait lancé son premier album, Citadelle, après avoir rejoint l’étiquette 7e Ciel qu’avait déjà intégré leur ami et collaborateur Fouki.

Pas de scène jusqu’à cet été pour LaF, mais beaucoup de musique : les gars ont d’abord mijoté un EP, paru en juin 2020 (Soin Entreprise), puis collaboré au disque en deux volumes (Volume : Nuit et Volume : Jour) du collectif Les Fourmis dont ils font partie. De son côté, Jamaz a lancé il y a quelques semaines un premier album, Les Ennuis (auquel collabore le reste de LaF), forcément plus personnel dans le ton et le texte, mais qui donne aussi une idée de la piste que pourrait emprunter sur son prochain album le reste de la bande, reconnu pour son rap festif et coloré, poussé par trois MC aux personnalités distinctes.

Ce prochain album sera « plus sérieux, plus rap dans la façon de livrer les textes, sur des rythmiques plus chargées, confie Jamaz. Je pense qu’on s’éloigne des aspects plus pop de l’album Citadelle. Après tout ce qu’on vient de vivre, j’ai le sentiment que tous les MC du groupe avaient envie de se vider les tripes, et ça se ressent dans les textes. Mais l’album n’est pas encore terminé, alors on verra de quoi aura l’air le résultat final. »

Sur Les Ennuis, Jamaz affiche une retenue qui n’apparaissait qu’en filigrane dans les chansons de LaF ; à travers ces huit chansons, il est beaucoup question de la ville et de l’errance, « un sujet éternel pour moi, admet-il. En 2013, j’avais d’ailleurs lancé une chanson qui s’appelle J’erre […] La musique est une échappatoire pour moi, mon médium thérapeutique. Souvent, lorsque je me mets à composer et à écrire, j’ai le sentiment que ça me sert à mettre sur papier des réflexions que je n’arrive pas à sortir autrement de ma tête. Le spleen m’habite depuis toujours et ça s’entend dans ma musique ».

Né en France, arrivé à Montréal avec sa famille à l’âge de 11 ans, Jamaz a découvert ici le hip-hop. Celui des États-Unis d’abord, le son des New-yorkais Wu-Tang Clan et Mobb Deep, puis de son pays natal. « C’est en m’intéressant au rap français que j’ai eu envie de rapper moi-même », dit Jamaz, ajoutant surveiller de près la scène franco-européenne. « J’aime Josman, j’aime L’Or du Commun, un trio bruxellois. Et ce Makala, un rappeur suisse (d’origine congolaise), ainsi qu’avec son compositeur / producteur Varnish La Piscine. Ils ont vraiment une approche différente qui me plaît, d’autant qu’il y a tellement de nouveaux artistes sur la scène rap française qu’on a parfois l’impression qu’ils sont nombreux à faire la même chose. Chez Malaka, on sent le désir d’innover. »

Les fans de LaF pourront entendre un extrait de son prochain album en primeur samedi soir, 21 h 15, sur la scène du Parterre symphonique.

 

À l’affiche aux Francos

Nikamu Mamuitun Créé et présenté au Festival en chanson de Petite-Vallée, il y a quelques semaines, ce spectacle sert de prétexte à la rencontre entre nos cultures, entre nos langues, française et autochtones. Se recroiseront sur scène
Matiu, Karen Pinette-Fontaine, Scott Pien-Picard, Ivan Boivin, Marcie, Cédrik St-Onge, Chloé Lacasse et Joëlle Saint-Pierre.

Vendredi 10 septembre, 17 h 30, Place des Festivals

P’tit Belliveau L’attachant Acadien l’aura enfin, son heure de gloire aux Francos ! En mars dernier, un an pile après la sortie de son album Greatest Hits Vol.1, Belliveau rendait un hommage discographique à une légende de la région de Baie Sainte-Marie (Nouvelle-Écosse), Baptiste Comeau, en reprenant ses compositions sur le mini-album… chante Baptiste.

Vendredi 10 septembre, 19 h 30, Place des Festivals

Coeur de pirate Béatrice Martin a un cahier de charges bien rempli, entre son rôle de patronne du label Bravo Musique et la sortie, le 15 octobre, de son nouvel album Impossible à aimer, annoncé par les ondulations disco de l’extrait On s’aimera toujours. Il s’agira pour elle d’un second disque cette année après Perséides, collection de pièces instrumentales pour piano.

Vendredi 10 septembre, 21 h 15, Scène du Parterre symphonique

White B et Connaisseur Ticasso Membre du collectif 5Sang14, White B a passé la belle partie de l’été à grimper sur les scènes de la province ; le vétéran Connaisseur Ticasso s’est fait plus discret sur les planches depuis la sortie, en janvier dernier, de son premier album Normal de l’Est.

Samedi 11 septembre, 23 h, L’Astral



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