Le Met s’entend avec ses musiciens

La durée de l’entente permet d’englober la coupe salariale et le retour à la normale.
Photo: Don Emmert Agence France-Presse La durée de l’entente permet d’englober la coupe salariale et le retour à la normale.

La direction du Metropolitan Opera a fait part mardi de la signature d’une nouvelle convention collective avec son orchestre. Selon les termes de l’institution, cet accord « pave la voie à la réouverture de septembre », avec la présentation de Fire Shut Up in My Bones de Terence Blanchard le 27 septembre. Dans son communiqué, le Metropolitan Opera précise que les détails financiers de l’entente ne seront pas divulgués.

Précédemment, le Met s’était entendu avec le syndicat des choristes et chanteurs et celui des machinistes. Le New York Times avait révélé les termes de l’entente avec les chanteurs le 26 mai dernier. En lieu et place de la coupe de 30 % demandée par l’institution, un accord avait été signé pour une réduction salariale de 3,7 % et un retour à niveau au bout de trois ans. Pour les solistes, les coupes allaient jusqu’à 12,7 %, là aussi avec un retour à la normale d’ici trois ans. L’entente avec les machinistes début juillet était secrète, mais le site Opera Wire faisait état, le 7 juillet, d’une réduction de 4,5 %, au lieu des 30 % demandés par la direction.

Dans le dossier des musiciens, Le Devoir a tenté de joindre mardi les parties prenantes au dossier, mais personne n’a souhaité s’exprimer. Selon les informations que nous avons obtenues, la durée de l’entente permet d’englober la coupe salariale et le retour à la normale, une coupe qui serait comparable aux deux accords signés en mai et en juillet.

Musique de chambre

L’utilisation de l’expression « paver la voie » est peut-être due au fait qu’il reste quelques négociations non réglées. L’International Alliance of Theatrical Stage Employees (IATSE) a d’ailleurs publié un communiqué mardi indiquant que certains corps de métier (billetterie, éclairagistes, peintres) étaient toujours sans nouveauxcontrats. Il en irait de même pour les musiciens dits « associés ».

Pour célébrer l’accord annoncé mardi, le Met a annoncé deux représentations gratuites de la symphonie « Résurrection » de Mahler dans un parc new-yorkais les samedi 4 et dimanche 5 septembre, sous la direction de Yannick Nézet-Séguin. Le communiqué insiste aussi lourdement sur le seul volet dévoilé du nouvel accord : « La création d’une série annuelle de musique de chambre de six concerts au Weill Recital Hall de CarnegieHall, […] initiative de M. Nézet-Séguin, inspiré par les efforts entrepreneuriaux de l’orchestre pendant la longue fermeture. »

Le communiqué en remet une couche sur le directeur musical : « Les deux représentations de Mahler sont rendues possibles grâce aux dons généreux de Jeanette Lerman-Neubauer et Ann Ziff, membres du conseil d’administration du Met, pour les membres de l’orchestre, en l’honneur de M. Nézet-Séguin, qui avait insisté pour que l’orchestre soit soutenu pendant la période où il n’était pas rémunéré. »

Nul ne sait toutefois si les musiciens ont pu récupérer ne serait-ce qu’une partie de leur paie perdue. Au début de la négociation, ce n’était en tout cas même pas un sujet de discussion, comme l’avait confié au Devoir Brad Gemeinhardt, le président du comité de négociation des musiciens.

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