La rentrée optimiste de l’Orchestre symphonique de Montréal

La saison 2021-2022 de l'OSM verra Rafael Payare (sur la photo) diriger, outre Chostakovitch et Brahms, la «7e Symphonie» de Bruckner, la «1re» de Sibelius, «La mer» de Debussy, et la «Neuvième» de Beethoven en clôture.
Photo: Antoine Saito OSM La saison 2021-2022 de l'OSM verra Rafael Payare (sur la photo) diriger, outre Chostakovitch et Brahms, la «7e Symphonie» de Bruckner, la «1re» de Sibelius, «La mer» de Debussy, et la «Neuvième» de Beethoven en clôture.

C’est avec la 5e Symphonie de Chostakovitch que Rafael Payare et l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM) aborderont la saison 2021-2022, entre le 14 et le 18 septembre prochains. Presque comme si de rienn’était, la saison frappe par son audace, notamment dans les effectifs orchestraux et dans l’éventail des artistes invités.

« Rencontrez l’espoir » est le sous-titre accolé au concert d’ouverture de l’OSM. Ce n’est pas forcément le qualificatif que l’on associe à la noire 5e Symphonie de Chostakovitch. Le compositeur russe « n’a pas pu faire jouer sa 4e Symphonie», rappelle Rafael Payare. Or « la 5e Symphonie, symphonie de résilience, a une fin équivoque qui peut laisser entendre que même s’il était opprimé, il y avait une possibilité d’espoir. » C’est d’ailleurs pour cela que le nouveau chef de l’OSM enchaînera, la semaine suivante, avec la 2e Symphonie de Brahms, « pleine de joie et d’espoir », comme il la dépeint au Devoir.

Sans demi-mesure

La présence d’une grosse symphonie de Chostakovitch dès septembre est une surprise. On s’accordait à penser que la première partie de la saison serait plus modeste. Directrice des opérations artistiques, Marianne Perron confie « qu’après discussion avec Rafael Payare, en prenant en compte la grande scène dont nous disposons actuellement, nous pouvons placer 70 musiciens avec les mesures actuelles de distanciation, à 2 mètres. De septembre à décembre, nous avons donc programmé des œuvres avec cet effectif. Pour la seconde partie de la saison, nous tablons sur un scénario de 80 musiciens. »

Les concerts auront une configuration de 75 minutes sans pause jusqu’au mois de février. « À partir de mars, nous aurons des concerts avec pause, probablement », précise Mme Perron. C’est ce qui explique que Michael Tilson Thomas dirigera en mars 2022 deux programmes à saveur prépandémiques, dont l’un associe deux Mélodies de Grieg, le 3e Concerto de Prokofiev et la Grande Symphonie de Schubert.

Rafael Payare avoue concevoir sa programmation sur cinq années. Ses présences durant ces saisons se feront à peu près aux mêmes périodes. Au-delà de la saison imprimée dans la brochure, Payare sera-t-il disponible pour Montréal durant l’été 2022 ? « Je ne devrais sans doute pas le dire, mais oui, je serai à Lanaudière », avoue-t-il, amusé. Quant à la Virée classique, elle pourrait changer de nom et adopter un « format élargi ». Amusant : même si nous dialoguons en anglais, nous surprenons Rafael Payare en train de penser en français : le mot « été » lui vient avant « summer » !

Concernant les grandes lignes de l’activité du tandem OSM-Payare, le chef et la directrice artistique indiquent qu’il n’y aura pas de tournée canadienne cette saison et que le premier enregistrement discographique est déjà dans le collimateur, mais qu’il est top secret. Quant à savoir lesquels des concerts seront enregistrés et webdiffusés, cela fera partie d’une communication ultérieure.

Invitations logiques

Dans son contenu, la saison 2021-2022 verra Rafael Payare diriger, outre Chostakovitch et Brahms, la 7e Symphonie de Bruckner, la 1re de Sibelius, La mer de Debussy, et la Neuvième de Beethoven en clôture. Trois grands retours sont à l’affiche : Kent Nagano dans un projet avec Fred Pellerin à Noël, Zubin Mehta dans un programme Wagner le 5 février et Michael Tilson Thomas pour deux concerts en mars. Sans surprise, nombre de chefs sont ceux qui n’ont pu venir en 2019-2020 : Vasily Petrenko, Juanjo Mena, Lionel Bringuier, Louis Langrée et David Zinman. Jérémie Rhorer a disparu dans le processus au profit de Juraj Valčuha. L’OSM réinvite Hervé Niquet pour L’enfance du Christ de Berlioz, et Xian Zhang pour une création de la compositrice en résidence Ana Sokolovic. Les nouveaux visages sont Gemma New, Paul McCreesh (dans la Passion selon saint Matthieu de Bach), Mélanie Léonard et Jordan de Souza.

Marianne Perron, qui pense que le passeport sanitaire sera en mesure de « sécuriser plusieurs personnes pour venir au concert » n’en est pas encore à reconsidérer l’engagement dans la série OSM « Pop » du groupe IAM, qui militait il y a peu contre ce même passeport. « C’est un groupe qui est prévu au mois de mai 2022 et on va suivre d’ici là comment les choses se passent et quel est le discours qu’ils tiennent. »

 

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