Rameau triomphant, Mathias Vidal

En matière de récitals vocaux, nous nous orientons naturellement vers Verdi, Wagner, Puccini par des sopranos ou ténors. Il est donc titillant de se pencher sur un généreux (77 minutes) programme Rameau de l’un des hautes-contre français en vue. La grande erreur serait d’enchaîner les œuvres vocales de manière didactique (chronologique). Le souci des interprètes est le « dosage harmonieux » des expressions pour, finalement, avec une interpolation d’extraits orchestraux et une participation croissante des chœurs, faire du récital « un petit opéra à part entière ». Doté d’une feuille de parcours impressionnante dans ce répertoire, Mathias Vidal a tout pour nous livrer un récital majeur : timbre, clarté, diction et conduite des phrases musicales. Le chef Gaëtan Jarry aborde les interludes orchestraux avec énergie, style et tact (« Tambourins » de Dardanus, plage 5), loin de la dérive « Rameau trash » de Currentzis. Dardanus, Zoroastre, Les Paladins, Les Indes galantes, Les Boréades, Platée, Pygmalion… Promesses de plaisir. Contrat rempli.

 

 

Rameau triomphant

★★★★ 1/2
Classique

M. Vidal, Ens. Marguerite Louise, G. Jarry, Versailles CVS 039

À voir en vidéo