William Byrd et John Bull, The Visionaries of Piano Music

L’appropriation au piano du répertoire baroque composé pour le clavecin a surtout concerné Bach et quelques Français (Rameau et Couperin). Il n’y a pas eu davantage de disques Frescobaldi ou Froberger que de musique pour clavier anglaise. Le pari de l’excellent Kit Armstrong est-il judicieux ? En 2016, Luc Beauséjour nous avait déclaré éviter au piano les « œuvres très ornementées […] qui appellent la corde pincée ». Il disait aussi adopter au piano un tempo plus lent « pour mettre à profit la sonorité plus large ». Ce faisant, Beauséjour expose parfaitement les limites de la démarche de Kit Armstrong, qui ne nous ôte pas de la tête que son album est une fausse bonne idée. Les qualificatifs qu’inspire ici le piano sont souvent « lourd » et « encombrant » (ex. La flûte et le tambour de Byrd ou la Fantaisie de Bull, plage 8). Autre défaut : la démonstration ne nécessitait nullement 2 CD. Il suffisait de prendre les quelques exemples les moins soûlants (les plus mélancoliques en général) et en faire un bon disque.

 

 

William Byrd et John Bull, The Visionaries of Piano Music

★★ 1/2
​Classique

K. Armstrong, DG, 2 CD, 482 0583

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