Obosso, Joyce N’sana

Deux chansons d’Obosso, le nouvel EP de l’autrice-compositrice-interprète montréalaise d’origine congolaise (Brazzaville) Joyce N’sana, se démarquent du lot. La première, Chaînes, une collaboration avec le rappeur, auteur et militant Webster sur laquelle N’sana donne des inflexions gospel à sa voix craquante pendant que l’invité assène son texte avec autorité, offrant une solide fusion de soul et de rap. La seconde, Bayenda, ramène la musicienne dans le giron des rythmes savants endiablés de la tradition musicale congolaise, concluant l’album sur une note fiévreuse. Les quatre autres chansons ont chacune leurs qualités, mais leur structure blues coincée dans une réalisation trop clinquante les fait pâlir en comparaison. De Mâma, en ouverture, on appréciera la finale boostée aux tambours africains. On goûtera aussi la mémorable mélodie du refrain de Utu Vana Moyo. Chanté en lingala, en kikunga, en tshiluba, en anglais et (un peu) en français, le matériel d’Obosso a le mérite de présenter une nouvelle facette du travail de l’artiste, qui s’était d’abord illustrée chez nous sur des rythmiques reggae.


Obosso

★★★
​Blues/pop

Joyce N’sana, indépendant

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