Un événement d’opéra en attendant de meilleurs jours

Le directeur de l’Opéra de Québec, Jean-François Lapointe, n’exclut pas d’instiller à moyen terme un volet découverte au festival, pour se pencher notamment sur le répertoire français qui lui est cher.
Photo: Renaud Philippe Le Devoir Le directeur de l’Opéra de Québec, Jean-François Lapointe, n’exclut pas d’instiller à moyen terme un volet découverte au festival, pour se pencher notamment sur le répertoire français qui lui est cher.

Jean-François Lapointe, nommé successeur de Grégoire Legendre à la direction de l’Opéra de Québec en octobre 2019, attend toujours de mettre son empreinte sur le prestigieux festival d’opéra de la capitale nationale. Pour une seconde année, il n’y aura pas de production lyrique au Grand Théâtre ni mise en scène, pas même en version de concert.

Avec les délais de conception et de préparation d’un tel spectacle et l’évolution de la pandémie et des règles sanitaires, c’était tout simplement un risque impossible à prendre, dans un laps de temps par ailleurs bien trop court. Qu’à cela ne tienne, le Festival d’opéra de Québec a débuté mardi avec le spectacle pour enfants Peau d’âne et enchaînera ses principaux spectacles dès vendredi.

C’est un concert dirigé par Jean-Marie Zeitouni, L’opéra français en fête, vendredi, qui sera le temps fort musical du festival. Il réunira notamment Karina Gauvin, Hélène Guilmette, Phillip Addis, Mireille Lebel et Florie Valiquette. Cette dernière, de plus en plus active en Europe, s’implique dans des enregistrements d’opéras rares.

Les espaces extérieurs

Interrogé par Le Devoir, le directeur Jean-François Lapointe n’exclut pas d’instiller à moyen terme un volet découverte au festival, pour se pencher notamment sur le répertoire français qui lui est cher. Mais pour cette année 2021, il a surtout élargi le rayon d’action de la Brigade lyrique afin de faire rayonner l’opéra dans les espaces extérieurs de la capitale. L’édition 2021 sera aussi marquée par un spectacle théâtral, Les leçons de Maria Callas.

Créée à Broadway en 1995 sous le titre Master Class, l’œuvre de Terrence McNally se penche sur le personnage de Callas à travers une classe de maître, mais s’interroge par le fait même sur la nature de l’art et de l’artiste. Elle connaît très rapidement une adaptation française signée Pierre Laville, qui sera livrée par Fanny Ardant dans un spectacle mis en scène par Roman Polanski ; Marie Laforêt reprendra ensuite le rôle. C’est pourtant une autre adaptation, celle de Michel Tremblay — qui, au passage, permet de franciser le titre en Les leçons de Maria Callas —, qui sera présentée. Elle a été présentée dès 1996 au théâtre St-Denis dans le cadre de Juste pour rire ; Denise Filiatrault en assurait alors la mise en scène et Patricia Nolin, le rôle-titre. Puis, en 2010, Mme Filiatrault l’avait reprise au Rideau vert en compagnie de Louise Marleau.

Ce sera cette fois Sophie Faucher qui incarnera Callas dans un spectacle mis en scène par Jacques Leblanc.

Le directeur Lapointe souligne d’ailleurs l’importance d’avoir de vrais chanteurs — et non des acteurs — pour assurer la crédibilité de cette classe de maître. Par contre, la pièce a été légèrement coupée pour s’adapter au format d’une soirée sans entracte. Première le 1er août.

S’ajoute à ce spectacle celui des Jeunesses musicales au théâtre de la Bordée, qui sera présenté à trois reprises dès le 31 juillet. Les jeunes chanteurs, accompagnés au piano, livreront cette année Les pêcheurs de perles de Bizet.

 

Festival d’opéra de Québec

Jusqu’au 7 août

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