Le tour de Tadoussac en 80 spectacles avec Alexandre Belliard

Jusqu’à la fin du mois d’août, Alexandre Belliard présentera tous les jours, dans une ville qui accueille 300 000 touristes chaque été, son spectacle «Tadoussac – une porte vers l’Amérique», à 13h.
Photo: Renaud Philippe Le Devoir Jusqu’à la fin du mois d’août, Alexandre Belliard présentera tous les jours, dans une ville qui accueille 300 000 touristes chaque été, son spectacle «Tadoussac – une porte vers l’Amérique», à 13h.

Alors que les musiciens professionnels assistent au déconfinement graduel en rêvant de prendre la route pour partir en tournée, Alexandre Belliard, lui, n’entend pas bouger de sa ville d’adoption, Tadoussac. Et pour cause : l’auteur-compositeur-interprète y a commencé le 19 juin un marathon musical de 80 concerts en deux mois et demi, à l’invitation de la MRC et du Festival en chanson de Tadoussac. Son spectacle Tadoussacune porte vers l’Amérique, est à la fois un cours d’histoire, une attraction touristique et, pour le musicien, une source de revenus stable en ces temps d’incertitude pour le milieu culturel.

Belliard ne compte pas tout à fait quitter Saint-Jean-sur-le-Richelieu, où sa famille est établie et où il présente mensuellement son spectacle au Cabaret-Théâtre du Vieux-Saint-Jean, mais il s’est tout de même acheté un terrain pour se bâtir une maison, « pas cette année par contre parce que le prix des matériaux, c’est n’importe quoi. Quand même, je suis en train de m’ancrer tranquillement à Tadou… »

Si bien qu’on pourrait dire qu’il est devenu le curé officieux de la ville. Jusqu’à la fin du mois d’août, il ne prendra que huit jours de congé ; le reste du temps, on l’entendra tous les jours, 13 h, à l’église, chantant et racontant la vieille et riche histoire de la région, visitée chaque été par plus de 300 000 touristes. « On m’avait demandé de monter un spectacle d’une quarantaine de minutes, mais j’en ai préparé un de 90. Je verrai à la réaction du public : si les gens doivent porter des masques, une heure trente de spectacle, ça peut être long… Je me suis préparé à toute éventualité », même celle de donner plus d’un spectacle par jour dans l’église qui, selon les normes de la santé publique, peut accueillir pour l’instant plus d’une centaine de spectateurs.

Ce sont les organisateurs du Festival en chanson qui ont approché pour ce projet de « spectacle signature » le musicien féru de l’histoire des francophones d’Amérique, au moment où lui-même démarchait pour présenter des concerts similaires adaptés aux histoires respectives de Montréal et de la capitale. En dix semaines, il avait écrit son spectacle. Il passera l’été en Haute-Côte-Nord dans une maison louée, avec son fils qui l’accompagnera au piano et à l’accordéon et sa fille gérant la billetterie à l’entrée. Sa blonde fera des allers-retours entre Tadou et Saint-Jean-sur-le-Richelieu : « C’est vraiment un projet familial. »

Là où s’arrêtent les bâteaux

« Depuis trois ans, explique Belliard, j’ai beaucoup donné de spectacles à l’extérieur », chantant le récit des légendes et des immortels de l’Amérique francophone au Chili, en Colombie, à Mexico, Détroit, Port-au-Prince, dans plusieurs villes d’Europe. « De faire ce projet à Tadoussac, ça me fait du bien parce que, quelque part, je chante les histoires qui se sont passées ici. C’est ici que s’arrêtaient les bateaux avant de continuer leur chemin. Tu t’assieds dans le sable, là où Jeanne Mance s’est assise, là où Champlain a fumé le calumet de la Paix. Je chante l’histoire de Pierre de Chauvin de Tonnetuit et du premier poste de traite de l’histoire du Canada, qu’on peut observer là, par la fenêtre, à cinquante pas d’ici, c’est bouleversant ! » s’emballe le musicien. « On m’a fait un des plus beaux cadeaux de toute ma vie. »

Lorsqu’il a eu l’idée en 2012 de marier histoire et chanson dans un projet intitulé Légendes d’un peuple en 2012, il avait un grand plan en tête. « Je savais que je voulais faire des séries de concerts à la manière d’une résidence, où les gens se déplacent pour venir me voir, explique-t-il. Bien sûr, je voulais continuer à tourner un peu, mais j’avais surtout envie de ce genre de résidence », explique celui qui a profité de la pause forcée de la pandémie pour écrire un livre et enregistrer les trois prochains tomes de ses albums Légendes d’un peuple.

Avant Légendes d’un peuple, « j’avais fait quatre albums — ma fille appelle ça mes « chansons normales ». Je ne voulais plus faire ça : sortir un album, espérer que les radios le tournent, espérer que le clip passe à Musique Plus, après espérer que les diffuseurs achèteront le show, pour réussir à obtenir 25 ou 30 dans une année, pour enfin recommencer à travailler sur un prochain disque. Je voulais plutôt bâtir quelque chose qui allait croître et se développer. Quelque chose me permettant de faire tout ce que j’aime, la littérature, la poésie, la musique, l’histoire, la politique, les voyages et les rencontres humaines. Avec ce projet, toutes mes passions sont réunies. À tous les jours, je fais exactement ce que je rêvais de faire dans la vie. »

À voir au Festival de la chanson de Tadoussac

Bon Enfant

25 et 25 juin, 18 h 30, Scène Hydro-Québec

Révélé grâce à un impressionnant premier album, le groupe aux doux relents folk, classic rock et psychédélique Bon Enfant prépare la sortie d’un second disque à l’automne, annoncé par un entraînant premier extrait intitulé Ciel bleu.

Natasha Kanapé

28 juin, 18 h, Scène Hydro-Québec

L’artiste innue s’exprime par la poésie, le slam et la musique, le temps d’une performance « sous le signe de l’échange et de la rencontre entre les peuples et les cultures. »

Sarahmée

29 juin, 21 h 30, Scène Hydro-Québec

La rappeuse, qui était du grand spectacle de la Fête nationale hier, a repoussé la sortie de son prochain album au mois de septembre ; ses quelques dates prévues durant l’été seront l’occasion d’en découvrir quelques extraits en exclusivité.

Antoine Corriveau

2 juillet, 18 h, Scène Hydro-Québec

Il a rongé son frein tout l’hiver, le voilà enfin relâché : pour la première fois depuis la sortie en octobre dernier de son excellent album Pissenlit, Antoine Corriveau aura la chance de jouer devant public ses nouvelles chansons.

Kid Kouna

3 juillet, 11 h ; 4 juillet, 13 h, Chapiteau Desjardins

Le poète punk Keith Kouna, leader des Goules, montre son côté sucré avec ce projet de spectacle de chansons pour enfants qui a donné naissance à un premier album paru au printemps 2019.

 
 

Une version précédente de cet article, qui indiquait erronément que Tadoussac se trouvait en Basse-Côte-Nord, a été modifiée.



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