Henri Dutilleux, Sinfonia of London

Oh la belle aubaine, le disque passionnant ! Nous explorons ici les « premières paroles » orchestrales d’Henri Dutilleux (1916-2013), un point de départ auquel on associe en général plutôt la 1re Symphonie de 1951. Avec le ballet en un acte et trois tableaux Le loup (1953), partition de 30 minutes composée pour Roland Petit, nous avons un Dutilleux très « primitif » qui s’abreuve aux sources du Ravel de Daphnis, de Roussel, Schmitt et Honegger. On est loin de ce que deviendra Dutilleux finalement, mais c’est fascinant de le voir sous ce visage. Le loup, dont Dutilleux avait interdit l’exécution en concert, tant il s’en était éloigné, avait été enregistré par Georges Prêtre pour EMI et Pascal Rophé pour BIS. Le présent enregistrement comporte en complément de très grandes originalités : trois sonates de jeunesse (1942-1947) orchestrées par Kenneth Hesketh dans cette même veine post-ravélienne. Dutilleux aurait possiblement été contrarié, car il n’aimait pas ses essais de jeunesse (y compris la 1re Symphonie) mais c’est un disque beau et convaincant.


 

Henri Dutilleux

★★★★
​Classique

Sinfonia of London, John Wilson, Chandos, CHSA 5263

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