Sigismondo d’India, Leonardo García Alarcón

Leonardo García Alarcón poursuit son exploration de la musique du tournant du XVIIe siècle. On connait sa passion pour Monteverdi et pour son successeur Francesco Cavalli. Voici un « clone » monteverdien, Sigismondo d’India (ca. 1580-1629). Enfant du sud, il fera sa carrière d’abord à Turin puis, largement, à Rome et à Modène, auprès de la famille d’Este. La parenté avec Monteverdi n’est pas seulement chronologique. La notice rappelle que d’India fut « l’un des pères fondateurs de la musique moderne entre la fin de la Renaissance et le début du baroque. » Qu’est-ce que cela veut dire ? Selon la belle formule de García Alarcón, que d’India et Monteverdi n’hésitent pas à « enfreindre les règles du contrepoint pour exprimer une émotion exacerbée ». Le grand monologue de L’Orfeo de Monteverdi trouve un décalque féminin dans Odi quel rosignolo de Sigismondo d’India. Quelques semaines après Soleil Noir d’Emiliano Gonzalez Toro, ce double album apporte une pierre d’une exceptionnelle beauté à l’édifice de notre connaissance de cette période musicale.

Sigismondo d’India

★★★★ 1/2
​Classique

Mariana Flores et Julie Roset, Capella Medi-ranea, Leonardo García Alarcón, Ricercar, 2 CD, RIC 429

À voir en vidéo