Ludwig van Beethoven, Daniel Barenboïm

Quatrième intégrale des sonates pour Daniel Barenboïm. C’est possible de remettre le métier sur l’ouvrage. Le modèle reste Brendel : trois fois pour une vision renouvelée, toujours plus accomplie. Barenboïm-EMI (1966-1969), Barenboïm-DG I (1981-1984), rien de plus logique. Ensuite, c’est plus aléatoire. Mercantile ? Une intégrale en 2005, publiée en vidéo par EMI en 2006 et en CD par Decca en 2012, dans le cadre du « Beethoven Project », et celle-ci de mai et juin 2020 qui, en dépit de ce que dit DG sur son site, a été enregistrée non pendant les concerts, mais juste après. Les tempos se tassent. Prudence ou profondeur ? On aimerait être sûr que ce n’est pas parce que Barenboïm n’a plus ses moyens d’antan. Sauf que le pianiste trahit cette perte dans plusieurs mouvements impétueux. Comme prévu, c’est une intégrale d’adagios et d’atmosphères. Les spectateurs des soirées Beethoven de Barenboïm le savent : on y va pour quelques moments magiques. Les fans scruteront (30e Sonate !) où en est ce creusement. Les bras des autres leur en tomberont.

Ludwig van Beethoven

★★★
Classique

Daniel Barenboïm, DG, 13 CD, 483 9320